Transmettre, de personne à personne, la connaissance du Dessein divin, à l'ère de la communication de masse

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Comme beaucoup d'auteurs lucides, je ne me fais guère d'illusions : je sais, par les statistiques que me communiquent mes éditeurs, que mes livres ont très peu de lecteurs. Jadis, je pensais – comme beaucoup le croient encore aujourd'hui

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  1 Transmettre, de personne à personne, la connaissance du Dessein divin, à l’ère de la communication de masse   Position du problème   Comme beaucoup d’auteurs lucides, je ne me fais guère d’illusions : je sais, par les statistiques que me communiquent mes éditeurs, que mes livres ont très peu de lecteurs. Jadis, je pensais  –   comme beaucoup le croient encore aujourd’hui –  que cet insuccès devait tenir aux sujets dont je traite et/ou à la manière dont j’en écris. Cette perception était confirmée par les « amis », du genre « bons conseilleurs », qui pullulent, comme l’aura expérimenté quiconque a eu affaire à eux. Leur raisonnement est simple, lumineusement simple : Si vous n’êtes pas lu, c’est que « vous n’êtes pas bon », que votre prose est indigeste, que les problématiques dont vous traitez n’intéressent que très peu de gens, etc. Bref, pour ces censeurs  omniscients, vous êtes toujours « trop » ceci, et/ou « pas assez » cela. Je passe sur le fait que celles et ceux qui vous enfoncent sur le crâne cette « cour onne d’épines   », n’ont généralement pas lu vos écrits, ou si peu… Je profite de ces considérations pour signaler au passage   que c’est le  même type de « consolation » que l’on prodigue à ceux et celles qui ont échoué sur le plan professionnel, social, familial, affectif, etc. Les « bons conseilleurs » ont horreur des perdants, comme tout un chacun a horreur de la mort des autres, parce qu’elle annonce l’inéluctabilité de la leur. Et qu’on ne s’imagine pas qu’en écrivant cela, je cherche à me justifier ou que  je pose en victime. Surtout pas. Je cherche tout simplement à vérifier si ces accusations sont fondées. On lira ci-après le résultat de mon investigation et chacun(e) jugera si mon analyse est pertinente, ou si elle ressortit plutôt au plaidoyer pro domo  , ou encore à l’aut ojustification, dans le genre « tout ce qui m’arrive est la faute des autres  ». Mon cas ne fait qu’illustrer l’un des paradoxes de notre époque d’hyper  - communication. Avant Internet, les gens n’avaient pas la possibilité de lire ce qui se  publiait, et encore moins celle de communiquer avec des centaines, voire des milliers de gens, sauf à devoir écrire à chacun d’eux. Aujourd’hui, avec le développement exponentiel des publications en ligne sur le réseau interconnecté  –  également surnommé « Toile »  –   dont l’appellation générique  est « Internet », on peut constater la justesse de la formule célèbre : « trop d’information tue l’information ». C’est l’époque de la multiplication anarchique d es sources de savoir par le biais de sites et blogs qui éclosent par dizaines de milliers chaque année, si bien qu’effrayés par le nombre et par la “babélisation” du ‘ Net ’, beaucoup d’internautes rétrécissent drastiquement le cercle de leurs sources d’information en ligne, outre qu’ils sont souvent incapables de discerner le vrai du faux dans ce qu’ils lisent, voire, d’y   distinguer l’essentiel de l’accessoire.   C’est une difficulté, mais ce peut être une chance. Toutes proportions gardées , c’est ce qui a dû arriver aux disciples de Jésus dans les premières décennies du christianisme. De quelques dizaines, puis quelques centaines, dans les débuts, ils sont rapidement devenus des milliers, puis des myriades, et, très vite, il ne fut plus possible à chacun d’eux d’être au fait de ce que pens aient, disaient et écrivaient tous les croyants acquis à la personne et à la doctrine de Jésus. Au lieu de le déplorer, les successeurs des Apôtres se sont adaptés. Ils ont compris que « l’Esprit  », qui « souffle  2 où Il veut », agrégeait à la communauté des croyants des personnes de toutes srcines, cultures, pro venances et conditions. C’était, et c’est toujours cela, l’Église : l’assemblée des croyants appelés et rassemblés dans l’Esprit Saint.   C’est sans doute ce phénomène qu’Isaïe avait prophétisé en ces termes : Ils diront de nouveau à tes oreilles, les fils dont tu étais privée: « L’endroit est trop étroit pour moi, fais- moi une place pour que je m’installe. » Et tu diras dans ton cœur : « Qui m’a enfanté ceux - ci ? J’étais privée d’enfants et stérile, ex ilée et rejetée, et ceux-ci, qui les a élevés ? Pendant que moi j’étais laissée seule, ceux -ci, où étaient-ils ? ». (Is 49, 20-21). Quelque chose me dit que, si nous, disciples de Jésus, après et parmi tant d’autres, sommes fidèles à notre appel, et si Dieu a décidé de se servir de nos infimes personnes pour faire connaître une partie de ce qui n’est pas encore compris de Son dessein mystérieux, nous obtiendrons la grâce d’être agrégés, à notre modeste place, dans l’immense cohorte des transmetteurs des ric hesses du « Mystère de la foi ». Du Babel de la collectivité à l’intimité et à l’intériorité de l’individu   à l’écoute de Dieu   Il me semble que l’on assiste aujourd’hui à une réédition analogique du récit biblique de la « confusion des langues », qui résulta de la tentative prométhéenne des hommes d’escalader les cieux pour atteindre le domaine des dieux :   Ils dirent: « Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre ! » (Gn 11, 4). La réaction de Dieu, telle que nous la relate l’Écriture, est déroutante à première vue :   Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue, et tel est le début de leurs entreprises! Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Eh bien, descendons et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres. Et Le Seigneur les dispersa de là sur toute la face de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. (Gn 11, 6-8). Les commentaires traditionnels, tant juifs que ch rétiens, expliquent qu’en s’un issant ainsi prématurément, l’humanité s’écartait du dessein de Dieu , qui était de la disperser pour qu’elle peuple toute la terre. La réalité est sans doute plus complexe, et la tentation est grande de voir, dans cette geste biblique, une anticipation de l’instrumentalisation de l’interconnectivité à l’échelle de la planète, par une puissance  –  collective ou personnelle  –  qui la monopolisera à des fins criminelles pour subvertir l ’humanité et assurer la domination de « l’Adversaire » :   Celui qui s’élève au -dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte, allant  jusqu’à s’asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu, se p roduisant lui-même comme Dieu…  (2 Th 2, 4). Certains ont spéculé de la sorte sur cette saga biblique. Personnellement, je m’en garderai, préférant m’en tenir à   l’analogie de situations dont cet épisode est le type. Babel dérive d’une racine verbale hébraïque qui connote la confusion  . Et n’est -ce pas  justement ce qui se produit sous nos yeux ? Par la puissance de la technologie, des millions d’individus s’expriment, espérant que ce qu’ils disent ou écrivent atteindra des myriades d’hommes et de femmes. Des individus qui, auparavant, n’auraient pas eu  3 la moindre chance de voir leurs idées publiées dans un livre, un journal, ou même une « feuille de chou » ronéotypée, peuvent désormais atteindre un auditoire virtuellement planétaire (on dit d’ailleurs, d’un tweet ou d’une vidéo  qui prolifère sur le réseau interconnecté , qu’il/elle est devenu «  viral »). Bien sûr, telle n’est pas la réalité, car lorsque tout le monde parle en même temps, aucun discours n’est audible. Et c’est ce qui se passe. Chacun(e) expose ses idées, sa conception du monde, ses critiques, et assène ses certitudes à un lectorat aussi hypothétique qu’insaississable . Mais combien lisent ce qu’expriment les millions de candidats à une écoute planétaire ? Et quand, d’aventure, l’un ou l’autre lecteur réagit, c’est presque toujours pour contre- attaquer, dire diamétralement le contraire de ce qu’il a mal lu, ou mal compris. L’essentiel, pour chacun des protagonistes, c’est de faire entendre sa voix, dans l’espoir d’être entendu, reconnu, ou tout simplement d’exister aux yeux des autres.  Je pourrais étendre à l’infini le discours sur ce sujet, mais tel n’est pas le but de cette réflexion. Entre le Charybde   du providentialisme et le Scylla   du rationalisme, une prédication qui repose sur la grâce   Voici plus d’une décennie que je m’interroge sur la meilleure manière de tirer parti des nouvelles technologies en matière de communication virtuelle, sans déshumaniser l’échange interpersonnel qui est à la base du témoignage d’un individu, qu’il soit le f  ruit de sa propre réflexion, ou d’une motion divine. Des circonstances imprévues et particulièrement l’implication active de certain(e)s dans la diffusion de ma pensée, m’ont permis de résoudre ce dilemme.   Constatant, comme je l’écrivais au début de cette réflexion, que mes livres n’atteignent que fort peu de lecteurs, bien qu’ils soient correctement édités et distribués par des entreprises professionnelles, je me suis ouvert de mes doutes à des amis et sympathisants, et nous avons fait plusieurs « brainstormings » à ce propos. Il en est   ressorti ce qui suit. Certes, les thèmes de mes écrits et la manière dont j’expose mes conceptions ne sont pas du genre littérature à sensation. Mais une longue expérience et des échanges (de vive voix ou via Internet) ont permis d’établir que de nombreux chrétiens (pratiquants ou non) cherchent Dieu en toute sincérité, et seraient sensibles aux thèmes que je développe. Mais comment peuvent- ils savoir qu’existent des  livres, sites, blogs, dont le contenu correspond à leurs aspirations, et que des personnes en quête de Dieu y trouvent nourriture pour leur foi et consolation spirituelle ? Pour fixer les choses sur ce point, il faut connaître la trajectoire d’un livre (quels qu’en soient la nature ou le thème). Après impression, distribution et mise en place chez les libraires et quelques sociétés de vente par correspondance, un livre se fond très vite dans la masse des dizaines de milliers d’autres qui paraissent chaque année. A moins de bénéficier d’appuis médiatiques puissants, ou d’un concours exceptionnel de circonstances favorables, suite à des critiques élogieuses, par exemple, ou  –  mais c’est vraiment le top –  à la faveur une mention appuyée dans les médias audiovisuels, un livre mettra des années à s’imposer, ou sombrera dans un oubli, aussi rapide qu’irréversible, quelle que soit sa valeur intrinsèque.   Je confesse que, tard venu à l’écriture pour le grand public (1999), j’ai d’abord partagé l’opinion commune qui considère que tout ou presque est fait dès lors qu’un livre a trouvé éditeur et qu’il figure, au moins théoriquement, au catalogue électronique des  4 libraires. Comme j’écris des ouvrages spirituels pour des croyants, j’ai partagé, pendant un temps, l’opinion –  très en vogue dans certains mouvements chrétiens, spécialement ceux qui sont issus du Renouveau charismatique  –   qu’il faut faire confiance à la Providence, voire à l’inter  vention miraculeuse de Dieu, censées assurer la diffusion de la bonne parole que l’on émet. Même si ce fut avec hésitation, j’ai d’abord fait mienne l’analogie, très répandue, du paysan qui sème et attend de Dieu la fructification de son labeur. Et certes, il y a du vrai dans cette croyance pieuse, sauf que le fait est là, patent, indiscutable: seuls viennent à la connaissance d’un public potentiel de lecteurs concernés, les ouvrages qui bénéfi cient de ce qu’on appelle une « promotion », au sens commercial et médiatique du terme, que ce soit par voie de publicité traditionnelle, ou par incitation à l’acquisition, particulièrement via des mouvements, dont la « force de frappe » médiatique est considérable. J’ai trop de lucidité pour me réfugier dans l’autosuggestion. Aussi n’ai -je pas tardé à me convaincre que, sans les appuis et relais évoqués, mes livres n’avaient aucune chance d’atteindre des lecteurs potentiels, qui, en tout état de cause, ignorent jusqu’à mon existence et celle de mes ouvrages publiés. Or, cette même lucidité me rendait conscient que, n’étant pas « du sérail », comme on dit, et ne disposant pas d’une « cote » telle que mes éditeurs  –   à supposer qu’ils en aient les moyens –  assurent à mes livres une promotion digne de ce nom, la diffusion de ma pensée resterait ultraconfidentielle. À ce stade, il me faut préciser que, bien que mon train de vie soit très modeste, mon problème n’est pas pécuniaire. À quelques rarissimes exceptions près, les auteurs ne vivent pas de la vente de leurs livres, a fortiori dans le domaine qui est celui de mes écrits. Je ne suis pas davantage mû par la soif de notoriété, sinon j’écrirais sur des sujets en vogue. Alors, demandera-t-on peut- être, qu’est -ce qui vous pousse à vous obstiner à écrire et à publier ? La réponse est simple, même si elle peut laisser sceptique, voire paraître « illuminée » : c’est pour ne pas être infidèle aux grâces reçues, que je persévère dans cette voie du témoignage public  . Le parallèle typologique scripturaire, dans mon cas, ce n’est pas tant la parabole du semeur, que celle de l’intendant auquel son maître a confié de l’argent pour qu’il le fasse fructifier (cf., entre autres, Mt 25, 14 s.). Bref, il est clair à mes yeux que, pour ne pas encourir les reproches de mon Maître lorsque je paraîtrai devant lui, il me faut produire les intérêts du capital de grâces qu’il m’a remis en dépôt. Et pour cela, un seul moyen est à ma disposition : l’investir dans les esprits et les âmes de mes coreligionnaires.  Mais comment y parvenir concrètement ? J’ai évoqué, plus haut, l’échec de la diffusion éditoriale de mes ouvrages. La tentation était grande alors de tout arrêter. Certes, je ne pouvais nier que Dieu s’ était manifesté à moi et m’avait gratifié d’une connaissance surnaturelle d’une partie de son dessein mystérieux   1 , mais, soucieux de ma je prenais prétexte de ce qu ’aucun signe ne m’a vait été donné d’en -Haut, me dignifiant d ’  entreprendre une action de sensibilisation à mes écrits, pour en rester au statu quo  . Toutefois, ma conscience ne me laissait pas de repos. De quel droit, me disait-elle, « garder sous le boisseau », même par humilité, « la lampe » de la connaissance que Dieu avait allumée en moi ? 2   J’hésitai ainsi durant quelques années, non sans continuer à méditer et écrire sur ce que je croyais avoir compris du dessein de Dieu concernant les deux parties de son peuple  –  les Juifs et les Chrétiens  – , dont, tant 1   J’ai fait le récit des circonstances de cette expérience dans mon petit livre intitulé  Confession d'un fol en Dieu  .  2  Cf. Mt 5, 15 et parall.  5 l’ Ancien que le Nouveau Testament prophétisent que Dieu veut « qu’ils soient un » (cf. Ez 37, 16-28 ; Ep 2, 11-22). Jusqu’à ce que, suite à des circonstances improbables, qu’il n’y a pas lieu de détailler ici, j’ouvris un compte sur un important site Web américain   3 . J’y mis en ligne progressivement la majeure partie de mes écrits et publications, en prenant soin de les classer par thèmes, pour faciliter la recherche aux lecteurs. Voici environ cinq ans que j’ai pris cette initiative, et, à ma grande surprise, ma section personnelle sur ce site s’est transformée, au fil du temps, en une sorte de ‘chaire’ virtuelle –  relativement modeste, certes, mais passablement efficace 4  – , à partir de laquelle  je ‘proclame’, en toute liberté, à qui veut l’entendre   5 , l’imminence des   « temps de l’entrée en vigueur   de tout ce que Dieu a dit par la bouche de ses saints prophètes de toujours »  (Ac 3, 21). C’est ainsi que cohabitent, dans l’« aujourd’hui de Dieu » (cf. He 3, 7.13, etc.), la transmission traditionnelle de la foi, de personne à personne  , telle que l’ont pratiquée les premiers chrétiens, et, à leur suite, les écrivains et les Pères de l’Eglise   6 , et la mise à disposition de tous à laquelle je procède, par les moyens modernes de communication, de l’immense trésor spiritu el de la connaissance du dessein de Dieu et de sa volonté  , accumulé au fil des siècles par la rumination qu’en ont faite l’Eglise et des myriades de saints serviteurs et servantes de Dieu, et dont moi-même, « en tout dernier lieu, comme l’avorton » (cf. 1 Co 15, 8), je me fais le diffuseur, avec crainte et tremblement, conscient que je « porte ce trésor dans le vase d’argile  » de ma personne indigne.  © Menahem R. Macina Texte mis en ligne sur Academia.edu, je 30 avril 2018. 3   Il s’agit d’Academia.edu. Lien à ma section : https://shamash.academia.edu/MenahemMacina.  4  Statistiques de fréquentation consultables dans « Internet au service de Dieu ». 5  Je précise que la majorité des inscrits à ce site, en général, et à ma section personnelle, en particulier, sont des universitaires  –  étudiants et chercheurs  –, non encore conditionnés, voire ‘formatés’, par la théologie régnante et les théories en vogue dans les différents secteurs des études religieuses. Ils constituent le terreau intellectuel et spirituel, sur lequel je sème les germes de la connaissance du mystère du dessein de Dieu, que j’ai reçue , et qui, si elle vient bien de Dieu comme ma conscience m’en rend témoignage, germeront et porteront , en leur temps, le fruit que le Seigneur en attend. Cf. Mc, 3-9 = Lc 8, 5-15. 6  La lecture et l ’ étude de leurs oeuvres reste toujours indispensable.
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