Saint Jacques De Compostelle

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Saint Jacques de Compostelle – Via Turonensis Carnet de route Tours – Lusignan du 12 mai 2019 au 21 mai 2019 Introduction Dernière rencontre Parce que j’en ai…

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Saint Jacques de Compostelle – Via Turonensis Carnet de route Tours – Lusignan du 12 mai 2019 au 21 mai 2019 Introduction Dernière rencontre Parce que j’en ai envie et parce que le Chemin est personnel et que chacun doit le vivre et le décrire comme il l’entend, je vais commencer par la fin, ou plutôt par le retour, parce que si j’ai bien compris le message, le Chemin n’a pas de fin : on le commence un jour, mais aucun terminus n’est prévu... Gare de Poitiers, mercredi 22 mai 2019, 9h et quelques minutes. J’arrive de Lusignan après les 18 minutes de trajet annoncées (c’est précis la SNCF). Je viens de prendre un petit café et j’attends mon train pour 10h28 (qu’est-ce que je te disais…). Le café étant diurétique, bon ok, je te passe les détails… bref, sorti prendre l’air, je trouve une pièce de 1€ et je la donne à un SDF qui faisait la manche. Il me sourit, me regarde et éclate de rire en voyant mon chapeau : - « Si j’avais su qu’un jour un cow-boy me refilerait la pièce ! » Je me marre avec lui et voyant que j’étais de bonne composition, il commence à me parler de sa vie, du temps qui passe, de ses erreurs, de ce qu’il avait vu, ressenti, de ses souvenirs d’enfance, de ce qu’il avait vu de la lente reconstruction du quartier de la gare, SON quartier, après les bombardements anglais de juin 1944. Ancien chauffeur routier qui avait perdu son permis suite à une « connerie », il continuait à picoler comme un polonais et à fumer comme un pompier parce que « pour partir à la guerre mon pote, tu as juste besoin d’alcool et de tabac, avec ça ils te font faire tout ce qu’ils veulent ». Il avait donc visiblement choisi de faire sa propre guerre, mais ses maigres revenus ne couvrant pas tous ses frais, il vivait dans la rue depuis cinq ans. - « Si tu savais comme j’en ai bavé cet hiver, mais je suis toujours là, même si la fin est proche. Mais je m’en fous, j’ai vu des choses que personne d’autre n’a vues et je continue de rigoler, c’est le principal ». Il m’a parlé de son pote Émile, mort l’année dernière d’un cancer, copain du Général de Gaulle, « Je te jure que c’est vrai ! » (d’habitude je vérifie mes sources, mais mon train entrant en gare 10 minutes plus tard je n’ai pas pris le temps d’en savoir plus…). Je lui tends la main pour lui dire au-revoir et là il me donne l’accolade, me claque une bise et me dit « Merci mon pote »… je me demande encore le pourquoi de ce « Merci »… Max, né le 19 février 1940 à Poitiers, toujours debout et qui «  emmerde les bourgeois mal lunés, sauf Mme Vignault qui est une grande Dame... ». L’existence et l’orthographe du nom de cette grande Dame bourgeoise sont également à vérifier, enfin si tu as le temps… On peut maintenant attaquer par le début si tu veux bien, mais fais attention où tu mets les pieds : je t’invite dans ma tête et mon esprit. Je t’aime puisque je t’écris : sache donc que jamais tu ne devras craindre ma présence ou même mes pensées car je reste pour l’éternité ce Chevalier quelconque et sans gloire, ce même Pèlerin de Saint Jacques qui avait tant à se faire pardonner et dont la route a croisé la tienne au détour d’une fontaine il y a plusieurs siècles de cela, et que tu as sans doute oublié... 3 C’est parti ! D’abord, le pourquoi. Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à entreprendre le chemin de Saint Jacques ? De tout plaquer pour quelques jours ou quelques mois pour marcher jusqu’à 1400 km vers le tombeau d’un Saint ? Je n’ai pas de réponse collective, seulement la mienne : un désir profond, la réalisation d’un rêve de liberté d’adolescent, le besoin d’introspection, de connaître mes limites, de réfléchir à mon avenir professionnel, même si ce premier départ doit seulement durer 15 jours, soit 0,07 % de mon existence (fais le calcul et tu connaîtras mon âge sauf si tu le connais déjà ou que tu t’en moques). C’est ainsi que débute toute aventure, par le désir et le rêve, et quand l’émerveillement survient, c’est que tu as réussi. Le 8 mai 2018 j’étais dans la cathédrale du Puy-en-Velay et je me suis fait la promesse de partir l’année suivante, non pas que la dimension mystique soit mon moteur principal, mais la spiritualité des lieux m’a « appelé » et j’attendais ce moment depuis des décennies. Comment l’annoncer à ses proches ? Je te conseille la voie directe : « Coucou chérie ! Je pars pour Saint Jacques de Compostelle dans un mois, j’ai pris trois semaine sans solde, je compte marcher 15 jours et écrire pendant une petite semaine. J’en ai marre de ma routine professionnelle et j’ai besoin de réfléchir à ce que j’ai envie de faire et surtout de ne plus faire ». Réaction  : « Ce ne serait pas plus simple de refaire ton CV ? Et puis, il faut que tu arrêtes de fumer ! Et puis tu n’es pas très en forme ! Tu as pensé à t’entraîner ? Tu comptes aller jusqu’où ? Où vas- tu dormir ? Tu as réservé ? » etc etc. On a toutes et tous un(e) conjoint(e) pragmatique ! Je me rends compte maintenant que j’ai plus préparé ma femme à l’idée que je partais que je ne me suis préparé moi- même… Je l’aime ma Pupuce toute douce, elle s’inquiète d’un rien et j’adore la rassurer ! Pour info, elle me supporte depuis 34 ans… Aux collègues : « J’ai besoin de faire un break : le boulot me gonfle, les gens me gonflent, le numérique me gonfle, le bus me gonfle, les bas du front me gonflent, les donneurs d’ordre me gonflent, la peinture de mon bureau me gonfle… J’ai fait un burn-out il y a 17 ans et je sens que je vais me retrouver à nouveau coincé dans la Pièce sans Issue : j’y suis resté bloqué pendant six mois, je la vois arriver sur moi et je n’ai pas d’autre choix que de la fuir. Je dois réfléchir à mon avenir et aux liens que nous avons tissés au fil des années et que je veux renforcer ». Et bien oui, j’aime et j’éprouve le plus profond respect pour mes collègues, j’aime notre complicité, nos discussions, nos rêves communs et personnels, j’aime être là pour elles et les savoir là pour moi, les voir au quotidien, juste les voir. Si tu entreprends le Chemin tu verras que pour toi aussi, tout sera plus facile pour faire comprendre aux personnes que tu les aimes. Réaction  : « On te comprend ! Fonce ! Impose ta décision, tu réalises ton rêve, ce n’est pas donné à tout le monde ! On est heureuses pour toi Frédounet » (c’est le nom de mon côté schizophrénique agréable, je te parlerai de mes côtés obscurs plus tard). A mes enfants : « Arnaud, je pars pour Saint Jacques de Compostelle ». Réaction  : « Ah ben c’est cool, depuis le temps que tu nous en parles, il était temps, bravo Grôpy » (c’est mon surnom, rapport à ma stature d’athlète de haut niveau). « Audrey, je pars pour Saint Jacques de Compostelle ». Réaction  : « Ah ben c’est cool, depuis le temps que tu nous en parles, il était temps, bravo Grop » (idem, mais avec une petite référence à Harry Potter si tu connais : Graup… Grop… Gros Papa..). Le Chemin commence dans la tête : je sais marcher, je vais donc marcher, c’est ultra simple non ? 4 Un peu de préparation tout de même J’ai lu beaucoup de témoignages, parcouru des livres mystiques, laïcs, relu « Le pèlerin de Compostelle » de Paulo Coehlo, rêvassé sur des cartes et des guides, j’en ai même commandé un en même temps que ma Crédential (c’est le passeport du Pèlerin qui à l’origine, exonérait des taxes et des divers droits de passage ceux qui faisaient le pèlerinage et qui maintenant permet l’accès aux Refuges et Haltes Jacquaires pour quelques euros). Ce guide m’a juste servi à avoir des adresses pour m’héberger, et je l’ai très peu utilisé en tant que support d’orientation, me fiant à mon instinct parfois foireux, surtout quand on a comme moi le sens de l’orientation d’une huître perlière, et m’arrêtant là où j’en avais envie ou là où je m’étais perdu... Tiens au fait, connais-tu l’étymologie du mot « pèlerin » ? Il vient du latin « peregrinus » qui veut dire « étranger ». Quand tu accomplis le Chemin dans sa totalité, tu es sensé être reconnu et donc ne plus être un « étranger », autrement dit, tu es sensé mieux te connaître et n’être plus un étranger pour toi- même. Enfin... c’est mon point de vue ! Et la préparation physique me diras-tu ? Quelques marches de 15 km sur du plat (vive la Touraine !) et une ou deux plus longues de 20 km pour voir ce que tu as dans les jambes. Je parle de plat parce que quand tu marches il faut que tu prévois le dénivelé : le côté positif c’est que le GR 655 (Grande Randonnée no 655, nom officiel de la Via Turonensis) est plat. Ce n’est pas seulement parce que je suis tourangeau que j’ai choisi cette voie, c’est aussi parce que je suis flemmard de naissance ! A quoi ça sert de connaître le dénivelé ? Je ne te l’explique pas car je sais que tu n’aimes pas les maths : tu trouveras tous les renseignements nécessaires en Googlelisant. Sache juste qu’en suivant le GR 655 tu n’auras à t’en inquiéter qu’en arrivant à Saint Jean Pied de Port, ce sera bon signe car tu auras terminé la partie française du Chemin et il ne te restera plus qu’à parcourir environ 800 km... Le matériel à amener ? Rien de bien technique : un chapeau, des lunettes de soleil, un sac-à-dos réglable 60 à 70 litres, deux bâtons de marche nordique, un smartphone et une batterie de secours, une application style « GPX Viewer » ou « Visorando ». Un duvet, un tapis de sol, une paire de chaussures de marche dûment éprouvée, une paire de sandales ou de tongues pour mettre tes jolis petits petons à l’aise le soir, 3 paires de chaussettes renforcées, 3 tee-shirt, 3 slips, un pull, un pantalon, un short, un vêtement de pluie/coupe vent (K-Way ou Poncho), un couteau de poche, une lampe de poche, 3 ou 4 sacs poubelles. Une serviette, un savon de Marseille pour la douche et les lessives, des pansements pour les bobos, une boite de Doliprane, des lingettes désinfectantes, une couverture de survie, crème solaire, brosse à dents, dentifrice, peigne, coupe-ongles, un briquet (facile de ne pas l’oublier quand tu fumes), des boules Quies (certains hébergements sont collectifs), quelques sacs congélation pour mettre tes affaires sensibles à l’abri de l’humidité, une pochette pour tes papiers : carte d’identité, Crédential, Carte Vitale (Européenne si tu comptes traverser la frontière), Carte Bleue, du liquide (100 euros en coupures de 10) et des chèques vacances (si tu en as) pour dépanner dans les hôtels (si tu en trouves). Question bouffe : des barres de céréales, un saucisson pour te rassurer (le gras c’est la vie), une gourde d’eau d’1,5 litre. N’hésite pas à peser chaque élément et à en chercher de plus léger : toute économie de poids est salutaire ! Et tiens compte du poids de ta gourde : 1,5 litre d’eau ça fait 1,5 kilo : tout compris, ton sac-à- dos ne doit pas dépasser le 10ème de ton poids. Deux conseils : - Inutile de t’enquiquiner à porter une tente. C’est l’erreur que j’ai commise : 2 kg de tente dont je me suis débarrassé dès ma première étape après 20 km de marche : crois-moi, on se sent plus léger le lendemain ! - Choisis tes bâtons de marche avec des embouts en caoutchouc : ça fait moins de bruit (les chiens adorent aboyer sur ton passage quand tu fais du bruit) et c’est beaucoup mieux pour la préservation des sentiers : respecte la Nature et elle t’acceptera. 5 Je lève le nez, j’observe et je marche Première étape, premières leçons – Tours – Veigné – Dimanche 12 mai Je pars à 7h18 (il faut que j’arrête avec mes blagues sur la SNCF…) de chez nous, j’embrasse ma femme qui est un peu inquiète, je la rassure en lui disant que je serai au grand maximum à deux heures de voiture. Par habitude, je lui dis « A ce soir »… on rigole, mais la confiance règne… même-moi, tout préparé mentalement que je suis, j’envisage inconsciemment l’échec... Mais comme m’a dit une collègue : « Tu n’as rien à prouver à personne, tu réalises un rêve, tu dois juste le commencer ». C’est vrai que je ne me suis pas donné de défi physique ou kilométrique, au pire je trouverai un coin sympa pour méditer et trouver des réponses à mes questions existentielles. Première question justement : faut-il être fou pour réaliser ses rêves ? Quand faut y aller, faut y aller ! Je descends les escaliers, je rejoins le pont du Cher, je descends et je découvre déjà un monde inconnu, un coin de balade le long du Cher, à portée d’un pas de promeneur du dimanche... Le but de ce récit n’étant pas de refaire un guide de rando, je te passe les détails topographiques qui n’ont pas d’importance. Une dame promène son chien, je lui souris, elle détourne la tête et prend la tangente, ça commence bien, je fais donc si peur avec mon air de Pèlerin ? Elle ignore sans doute totalement qu’elle aussi, tous les matins, elle amène son clébard pisser sur un chemin de pèlerinage… Je comprends l’image que je donne quand je passe près d’un pêcheur : il se lève, me regarde en fronçant les sourcils, regarde son matériel, il a peur de moi, je suis devenu un SDF, donc un problème. Je n’ai fait que 4 km… Je continue peinard, sans forcer, histoire de me mettre en jambes. Deux gamins préparent leur ligne, le chemin est étroit, mais ils ne font rien pour me laisser passer : ils m’ignorent, je n’existe plus… Pourtant moi aussi j’aime aller à la pêche… Je quitte le Cher sur une dernière photo d’Ikéa que je vois sur l’autre rive, je monte sur les hauts de Saint Avertin, je suis attentif aux balises du GR 655, je suis heureux, il fait beau ! Je ne vois personne, je passe devant le Gymnase des Onze Arpents, je continue, je marche une heure et je passe devant le Gymnase des Onze Arpents… Oups… Impression de déjà vu… et merde… j’ai tourné en rond… Saint GPS, Help ! Je corrige le tir et je retrouve ma route. Bois des Hates, forêt de Larçay, je me paume encore une fois en cherchant un coin pour manger un bout de saucisson (celui-là même dont je t’ai parlé page 3 rubrique « Question bouffe »). Une heure plus tard, « Tiens, il y a un parking ici ? », je retrouve la Sainte Balise et la coquille Saint Jacques stylisée qui y est accolée. Je croise la route de deux Pèlerines qui me semblent surchargées de matériel, leurs sacs-à-dos sont énormes ! Elles partent depuis Tours pour une semaine et comptent arriver à Sorigny pour leur première étape. C’est leur choix, mais je ne saurai jamais si elles ont réussi. Je trace, mon sac-à-dos me pèse, je continue… J’arrive à quelques km de Veigné où je vois une pancarte indiquant « Saint Jacques de Compostelle 1447 km », nom de Zeus ! J’ai du pain sur la planche… Tiens, une course cycliste, je passe, tout le monde m’ignore. J’arrive tout fier de moi à Veigné. J’avais prévu de faire halte au camping, ma toile de tente toute neuve prête à être installée, mais je vois un camping désert et je n’ai plus envie du tout : la solitude a du bon, mais tout de même… J’entre dans l’église de Veigné où je fais une pause. Une dame et son fils handicapé mental (je sais, on doit dire « en situation de handicap mental », mais je me fous du politiquement correct), sont les seules personnes présentes. La dame ne contrôle pas son fils, il semble nerveux, monte sur l’Autel, sa mère tente de le retenir, mais il s’en fout, il est juste heureux et ça se voit. Il se tourne, me voit et court vers moi dans les travées. Il me regarde, me sourit et me dit « Toi, tu es un gentil ». Bon sang, que ça fait plaisir à entendre ! Sa mère gênée marmonne des excuses. Ah bon ? On s’excuse maintenant quand on dit quelque chose de sympa ? Elle tire son fils par la manche pour lui faire quitter l’église. Il est 15h, je suis parti il y a 7 heures. Je cherche « accueil pèlerin Veigné » sur mon Samsung (pub gratuite...), je tombe sur un blog datant de 2015 avec un numéro de téléphone, je tente sans trop y croire… 6 J’entends un « Bonjour ! »… contact établi ! - « Bonjour, j’effectue le Pèlerinage de Saint Jacques et j’aimerais savoir si vous pouviez m’héberger ce soir » - « Bien sûr que je peux ! Tu viens d’où ? » Ah oui, c’est vrai que l’on se tutoie sur la route ! Quelque soit l’âge ou la position sociale, le tutoiement est de rigueur : on est toutes et tous des Pèlerins, pas autre chose. - « Je viens de Tours, c’est ma première étape » - « Je suis à Baugé chez ma mère, mais il n’y a pas de problème, tu vas aller directement chez moi à telle adresse et tu trouveras les clefs dans la boîte aux lettres, tu entres, tu te choisis une chambre, tu t’installes, tu prends ta douche et tu fais comme chez toi, j’arriverai vers 19h. Moi c’est Maria, et toi ? » - « Pardon, c’est vrai, j’ai oublié de me présenter : je m’appelle Frédéric » - « Alors sois le bienvenu Frédéric et à toute à l’heure » Et voilà, c’est aussi simple que cela. Surprenant à notre époque de trouver des personnes qui laissent les clefs de leur maison à un parfait inconnu ! Personnellement, je n’en serais sans doute pas capable. J’entre dans un pavillon tout propre, deux chambres sont à la disposition des pèlerins, l’une s’appelle « Vent d’Ange », l’autre « Alpha et Omega », je choisis la deuxième. Je défais mon sac-à-dos (c’est le souci avec un sac-à-dos : tu dois le défaire et le refaire à chaque halte ou quand tu as besoin de quelque chose, mais avec l’habitude, tu feras ça les yeux fermés). Je m’installe comme Maria me l’avait proposé : il est 16h, je vais avoir 3h pour glandouiller. Je m’allonge sur « mon » lit, j’écoute un peu de musique sur mon téléphone et… je m’endors… Une heure plus tard, je me réveille frigorifié, j’en tremble encore ! Je marche un peu dans le jardin et une fois réchauffé (il fait meilleur dehors que dedans) je visite la maison de mon hôtesse du jour. Des Mandalas sont accrochés aux murs, quelques tableaux d’amateurs également, un échantillonneur d’huiles essentielles est posé sur la table du salon, des attrape-rêves sont disposés ça et là. Les livres de sa bibliothèque tournent autour de trois thèmes : la nature, les médecines alternatives et Saint Jacques de Compostelle. Aucune télé, juste un ordinateur qui date… Maria semble être écolo- babacool-newage-alchimiste... Son frigo ne contenant aucune viande ni poisson, j’ajoute dans ce portrait qu’elle est certainement végétarienne et qu’elle aime vivre en autarcie vu le nombre de confitures et de conserves maison stockées chez elle. Elle semble vivre seule, si ce n’est une photo de ce qui semble être ses enfants et petits enfants. Pourquoi je te raconte tout ça ? Parce que c’est une erreur de tenter de mettre les personnes que tu rencontres dans une catégorie ou une autre en fonction de ce que tu vois et de ce que tu penses en déduire ; oublie ton côté analytique et tes jugements de valeur. Accepte juste ce que l’on te donne et n’oublie jamais de remercier : un touriste exige, un pèlerin remercie. 7 Maria arrive et me raconte son expérience de Pèlerin de Saint Jacques en 2007 et sa décision de faire de l’accueil à Saint Jean Pied de Port puis de s’installer à Veigné sur le GR 655 pour « continuer à vivre le Chemin » et accueillir des Pèlerins. Son principe de fonctionnement est basé sur le Donativo : il n’y a pas de tarifs, chacun donne selon ses moyens et son ressenti. Je ne te raconterai pas sa vie, ça je vais le garder pour moi. Il faut juste savoir que c’est une belle personne, généreuse et que son expérience et ses conseils sont précieux. La solitude lui pèse depuis le décès de son conjoint, et accueillir de nouvelles personnes est une source de bonheur pour elle, alors si tu as envie de juste prendre un café avec elle, n’hésite pas et prends le temps de l’écouter : elle t’expliquera le Monde. Les Conseils de Maria en vrac Rajoute une pommade camphrée dans ta trousse de secours pour les courbatures. Apprends à régler ton sac-à-dos, ça ne se met pas n’importe comment, c’est ton dos qui doit le porter, pas tes épaules et encore moins tes fesses ! Vide-le chaque jour et débarrasse-toi de ce que tu n’utilises pas au fur et à mesure. Marche doucement pendant les deux premières heures. Bois une gorgée d’eau toutes les 1/2 heures. Profite du paysage et ne regarde pas tes pieds, tu les connais déjà, pas le paysage. Question alimentation, nouilles le soir, au pesto, à la to
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