Pour éclairer le terme 'Digamoi'

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  Pour éclairer le terme Digamoi Article paru dans Revue des Sciences Religieuses , T. 61, N° 1-2, 1987, pp. 54-73. http://www.rivtsion.org/f/index.php?sujet_id=1514 https://www.academia.edu/7172902/Pour_eclairer_le_terme_digamoi  Fiche INIS/CNRS http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=12055010 Titre du document / Document title Pour éclairer le terme " digamoi " Auteur(s) / Author(s) MACINA R. Résumé / Abstract Les " digames " dont il est question à maintes reprises dans les textes conciliaires, et déjà à  Nicée, étaient-ils des veufs qui convolaient en de nouvelles noces, ou des divorcés qui se remariaient ? La question n'a rien d'académique. En effet, selon que l'on penche vers l'une ou l'autre de ces hypothèses, les théories concernant l'attitude de l'Eglise des premiers siècles envers les divorcés remariés varient du tout au tout. La polémique sur cette question a été relancée récemment par l'enquête approfondie d'un théologien italien, G. Cereti, qui parvient à la conclusion que les digames dont parle le Concile de Nicée étaient des divorcés remariés. Son opposant, le père jésuite Crouzel, a lancé tout le poids de son autorité en la matière, pour déclarer cette thèse controuvée. Toutefois, ses critiques ne parviennent pas à révoquer en doute tous les arguments qu'apporte Cereti à l'appui de sa théorie. Un bref survol de la question, et quelques analyses complémentaires, versées au dossier, viennent plutôt la corroborer que l'infirmer, en particulier les peines encourues par les veufs ou les veuves qui se remarient Revue / Journal Title Revue des sciences religieuses ISSN 0035-2217 Source / Source 1987, vol. 61, no1-2, pp. 54-73 (notes) Langue / Language Français Editeur / Publisher Palais universitaire, Strasbourg, FRANCE (1921) (Revue) Mots-clés français / French Keywords Digame ; Concile de Nicée I ; Canon 8 ; Digamoi ; Remariage ; Divorcés ; Adultère ; Veuve ;  Novatianisme ; Cyprien de Carthage ; Epiphane de Salamine ; Basile de césarée ; Siècle 4 ; Siècle 2-3 ; Crouzel (H.) ; Cereti (G.) ; Christianisme ; Localisation / Location INIST-CNRS, Cote INIST : 4718  Nº notice refdoc (ud4) : 12055010 Parmi les rares éléments historiques, susceptibles de faire progresser la difficile problématique de l’attitude de l’ Église envers les divorcés remariés, la question de la nature exacte des personnes désignées par le terme digamoi , dans la  littérature chrétienne primitive, présente un grand intérêt. En effet, selon que l’on comprend ce terme ambivalent comme désignant les veufs qui convolent en secondes noces (interprétation traditionnelle stricte), ou comme désignant les divorcés qui se remarient (interprétation plus large), les implications théologiques de ce que fut l’attitude historique de l’ Église à l’égard de cette catégorie de chrétiens diffèrent du tout au tout. Dans la présente étude, on résumera, dans ses grandes lignes, l’essentiel de ces deux interprétations antagonistes, telles qu’elles s’expriment dans la controverse publique entre deux spécialistes célèbres en la matière : Henri Crouzel, tenant de la position traditionnelle, d’une part, et Giovanni  Cereti, tenant de l’interprétation plus large, d’autre part   1 . Pour des raisons méthodologiques, nous nous limiterons volontairement à l’interprétation du terme digame , sur la base de son usage dans le canon n° 8 du concile de Nicée. Nous y consacrerons notre premier chapitre. Le deuxième chapitre, qui constitue, à proprement parler, notre contribution srcinale, posera la question du pourquoi de la sanction du remariage des veufs dans l’ Église primitive. A la lumière d’une relecture plus exigeante de quelques textes canoniques de Basile de Césarée, on proposera une nouvelle piste pour une réinterprétation de la notion de digamie , comme désignant plutôt le remariage de divorcés, que les secondes noces des veufs. 1. LES DIGAMES  DANS LE CANON 8 DU CONCILE DE NICÉE 1. La recherche récente et le canon 8 L’importance de cette attestation du terme digame  dans un canon du Concile de Nicée n’est pas apparue, d’emblée, au grand spécialiste de la question qu’est Crouzel. Dans son maître -ouvrage, il ne consacrait que quelques lignes à 1  Voici, dans l’ordre chronologique, les titres des principaux travaux auxquels il sera fait référence, et qui seront cités, en abrégé, dans la présente contribution : -   H. Crouzel, L’ Église primitive face au divorce. Du premier au cinquième siècle , Paris, 1971 (ci-après, Crouzel, Église-Divorce ). -   G. Cereti, Divorzio, nuove nozze e penitenza nelle Chiesa primitiva , Bologne, 1977 (ci-après : Cereti, Divorzio ). -   H. Crouzel, « Un nouvel essai pour prouver l’acception des secondes noces après divorce dans l’Église primitive  », dans  Augustinianum , XVII (1977), pp. 555-566 (ci-après, Crouzel, Nouvel Essai ). -   H. Crouzel, « Les digamoi visés par le Concile de Nicée dans son canon 8 », dans  Augustinianum XVIII (1978), pp. 533-546 ; ci-après : Crouzel, Les digamoi ). Quiconque n’est pas familiarisé avec la langue italienne, ou ne peut avoir accès au maître ouvrage de Cereti, Divorzio , se reportera avec fruit à l’utile synthèse que donne, de ce travail, Charles Munier, « Divorce, remariage et pénitence dans l’Église primitive  », dans Revue des Sciences Religieuses , Strasbourg n° 52 (1978), pp. 97-117 (ci-après : Munier, Divorce ).  ce canon qui traite des conditions de la réadmission des Novatiens dans l’ Église 2  : « Parmi les vingt canons grecs, les seuls authentiques de ce concile, le canon 8 parle des conditions imposées aux Novatiens –  dits Cathares [purs –  désireux de revenir dans l ’ Église et de garder leur rang dans le clergé. Ils devront reconnaître par écrit qu’ils acceptent la communion avec les  remariés  et avec les apostats pénitents. Si les secondes noces après veuvage   sont frappées par les conciles précédents d’une certaine pénitence, elles n’excluent donc pas de la communion ecclésiastique.  » On voit clairement que les digamoi  dont il est question sont considérés, sans la moindre hésitation, par Crouzel, comme étant les veufs remariés . Pourtant, plusieurs spécialistes avaient déjà remarqué le fait significatif de la mise côte à côte, dans ce canon, de deux états de péché public : l’adultère et l’apostasie, considérés, avec le meurtre, comme les trois péchés majeurs menant à la mort 3 , et pour lesquels l’apôtre Jean ne demande pas de prier   4 . L’insensibilité de Crouzel à cette particularité ne s’explique que par sa focalisation sur un sujet qu’il connaît bien, pour en avoir traité ex cathedra  à propos d’Origène   5  : les secondes noces après veuvage   6 . Il s’y attardera ultérieurement, en répondant, par un court article 7  (sur les arguments duquel nous reviendrons), à la solide étude du suje t, qu’avait faite Cereti, entre temps, et qui va nous retenir à présent. Le savant italien consacre à l’interprétation du canon 8 du concile de Nicée la totalité du Chapitre V de son ouvrage, sous le titre :  «   L’absolution des adultères dans l’ Église  primitive, et en particulier l’absolution de ceux qui vivent en secondes noces, au concile de Nicée »   8 . Pour tenter de résoudre le problème de la nature exacte des personnes visées par l’appellation ambiguë de digames , Cereti procède, selon les règles les plus éprouvées de la méthode philologico-historique, aux deux analyses classiques : a) la philologique, qu’il consacre à l’éclaircissement de la connotation exacte du terme digame   9  ; b) l’historique, au cours de laquelle il étudie la nature de l’erreur des Novatiens, opposés à l’admission des lapsi et des digames   10 , tout en examinant également si l’ Église admettait à la pénitence les divorcés remariés, et dans 2  Crouzel, Église-Divorce , 124. Les mises en exergue sont nôtres. 3   Sur cette triade et sur les positions rigoristes qu’elle a engendrées, surtout chez les hérétiques montanistes et novatiens, voir Cereti, Divorzio , 299 ss., et n. 62, 68 et 70 ; 329, n. 106 ; 347, n. 140. 4  Jn 5, 16. Sur ce point, voir Cereti, Divorzio , 299, ss. 5  Crouzel, Virginité et mariage selon Origène , dans Museum Lessianum , section théologique, 58. Paris-Bruges, 1963, pp. 152-160. 6  Il y revient souvent, dans ses travaux ultérieurs, voir surtout Crouzel, Église-divorce , 73 ss., 90 ss., 148 ss., 203 ss., 266 ss., 296 ss., 354 ss., 374 ss., etc. 7  Crouzel, Les digamoi.   8  Cereti, Divorzio , 265-361. 9   Ibid  ., 270-287. 10   Ibid  ., 287-318.  quelles conditions 11 . Ce n’est qu’au terme de cette enquête, et après avoir soumis les sources à un examen minutieux, que Cereti propose une brève interprétat ion qu’il qualifie lui-même de « dogmatique » 12 , en ce sens qu’elle tente de mesurer les implications, encore sensibles aujourd’hui, de l’imposition, par l’ Église , à ceux qui veulent conserver l’unité catholique, d’avoir à accepter ses décisions (en l’occurrence  : le droit de remettre tous les péchés), lorsque s’est dégagé, à propos de ces dernières, un consensus du collège apostolique, c’est -à-dire des évêques. Il paraîtra utile de rappeler ici les termes de ce canon 13  : « Au sujet de ceux [il s’agit des clercs] qui s’appe llent eux-mêmes cathares, c’est -à- dire purs, quand ils voudront venir à l’ Église catholique, il a plu au saint concile qu’on leur impose les mains et qu’ils demeurent dans le clergé ; mais, avant toutes choses, qu’ils promettent par écrit  de recevoir et de suivre les enseignements ( dogmasi ) de l’ Église universelle ( katholikè ), c’est -à- dire d’être en communion ( koinônein ) tant avec ceux qui se sont mariés en secondes noces ( digamois ) qu’avec ceux qui ont failli pendant la persécution ( tois en tô diôgmô parapeptôkosin ), et auxquels on a fixé un temps et un moment [= une période de pénitence], de sorte qu’ils [les Cathares] obéissent ( akolouthein ) en toutes choses aux enseignements de l’ Église universelle ( katholikè ) et apostolique. » 2. L’interprétation  philologique du terme digame   D’emblée, Cereti s’attelle à la lourde tâche de restituer à la digamie  sa bivalence d’objet, systématiquement gommée au cours des siècles, au profit de l’unique contenu qu’on s’obstine à lui attribuer  : les secondes noces après veuvage 14 . C’est d’abord de ce premier aspect qu’il traite en détail , avant même d’envisager le se cond : celui du remariage après divorce. Il commence par attirer l’attention sur le fait que, si les évangiles sont muets sur la légitimité du remariage des veufs, ce n’est pas le cas de Paul qui 11   Ibid  ., 319-354. 12   Ibid  ., 355-361. 13   Cité ici d’après P. J. Joannou, Fonti, IX.   Discipline Générale Antique (II e –  IX  e s. ), Rome 1962, t. I, I, pp. 30-31. Pour le texte grec de ce canon, voir J. D. Mansi, Sacrorum   conciliorum nova et amplissima collectio , Florence, 1759 ss., II, 672. Voir aussi Hefele –  H. Leclercq, Histoire des Conciles d’après les documents or  iginaux  , Paris 1907 ss. , I, 1, 576. N’étant satisfait ni de la traduction de Joannou (la plus fautive), ni de celle d’H. -L. (qui est trop large), nous proposons ici la nôtre, qui serre le texte au plus près. Celle de Cereti est très satisfaisante : cf. Cereti, Divorzio , 266-267. 14  Cereti, Divorzio , 272 ss.  « fait expressément allusion à la liberté qu’avaient les v euves 15  de se remarier après la mort de leur conjoint : Rm 7, 2-3 ; 1 Co 7, 8-9 ; 1 Co 7, 39-40 » 16 . Toutefois, force est de constater, à la lumière de ce que nous connaissons de l’histoire de l’ Église des premiers siècles, que, sous l’influence, entre autres, des courants ascétiques de l’époque, la tendance générale des chrétiens d’alors à l’ascétisme , et même à l’ encratisme,  n’était guère favorab le aux secondes noces des veufs 17 . Impressionnée par l’interprétation néotestamentaire de Gn 2, 24, selon laquelle (je cite Cereti), « seul un mariage unique réalise pleinement les dessein du créateur, et constitue vraiment le signe de l’union permanente e t indestructible entre l e Christ et l’ Église (Ep 22-23) », et stimulée par l’attente d’une fin de toutes choses , considérée comme toute proche, l’ Église en était venue à « considérer de plus en plus le mariage, en général, et les nouvelles noces, en particulier, comme une concession à la faiblesse, une indulgence à la fragilité humaine, dont peut et doit s’abstenir le chrétien qui désire être parfait » 18 . Toutefois, précise Cereti, malgré la défaveur les concernant, « les nouvelles noces furent explicitement reconnues licites dans d’innombrab les documents » 19 . Il interprète comme des mesures destinées à décourager les secondes noces des veufs : l’aide économique et spirituelle non négligeable qu’apportait l’ Église aux veuves qui voulaient persévérer dans leur état, ainsi que la non-accession des veufs remariés aux rangs du clergé, et la pénitence et l’exclusion temporaire de la communion qui, dans certaines régions, frappaient ceux qui avaient refait leur vie après la mort de leur conjoint 20 . Après avoir entériné le fait que le terme digame   s’appliquait, entre autres , aux secondes noces après veuvage, Cereti s ’ emploie à démontrer que, dans la terminologie du temps, on ne distinguait pas toujours de quelles noces il s’agissait.   L’usage profane à  cet égard était particulièrement éloquent, qui utilisait toujours le même terme pour définir une nouvelle union matrimoniale, qu’elle suive un veuvage ou un divorce . Selon Cereti 21 , il en est de même dans 15   Le fait que l’Apôtre ne parle pas explicitement des veufs ne pose pas de problème à Cereti qui explique ce silence en ces termes : « Pour l’homme, conformément à la mentalité de l’époque, la chose devai t sans doute être admise plus facilement ».  Ibid  . 272-273 n. 11, et également 239-247. 16   Ibid  ., 272-273. 17   Ibid  ., 273, et 108, n. 5. 18   Ibid  ., 273-274 et n. 16. 19   Ibid  ., 274-275 et notes 20 et ss. 20   Ibid  ., 277, et n. 30. 21   Ibid  ., 111-112 ; 279.
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