Per verba magistri. La langue des maîtres théologiens au premier XIIe siècle.

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  P   ER VERBA MAGISTRI    La langue des maîtres théologiens au premier XII e  siècle C ÉDRIC G IRAUD  De prime abord, confronter la manière dont interagissent les différences linguistiques et la communication orale avec la situation concrète d’une lectio  théologique du XII e  siècle peut sembler peu pertinent : en effet, il est bien connu que le latin règne en maître dans les écoles médiévales sans laisser le plus souvent place aux langues vernaculaires 1 . La salle de classe, notamment en théologie, serait ainsi le lieu par excellence d’une Pentecôte pédagogique où le latin, langue sacrée, constituerait le vecteur d’un enseignement univoquement reçu et compris de tous. De fait, les conditions mêmes de ce qu’il est convenu d’appeler la “Renaissance du XII e  siècle” semblent confirmer ce constat peu encourageant par rapport à la problématique retenue. Quelques centres d’enseignement supérieur concentrent, notamment dans le nord du royaume de France, une population scolaire dont les srcines géographiques sont très variables, mais qui possède en commun une formation élémentaire en latin 2 . Une fois formés, les élèves devenus des magistri   ou des dignitaires ecclésiastiques rentrent dans leur pays d’srcine et enrichissent la vie intellectuelle locale en diffusant l’enseignement dont ils ont eux-mêmes bénéficié. Le mouvement ainsi schématiquement décrit s’accompagne donc d’une unification intellectuelle à l’échelle de l’Occident, dont la langue latine est l’outil incontestable.  À ces faits historiques s’ajoutent des traditions historiographiques qui jusqu’à présent n’ont guère favorisé la prise en compte des conditions concrètes 1  Pour une vue synthétique sur la place du latin dans les textes médiévaux, voir P. B OURGAIN  / M.-C. H UBERT , Le latin médiéval, Turnhout 2005, et pour la période postérieure, F. W   AQUET , Le latin ou l’empire d’un signe, XVI e - XX  e  siècle, Paris 1998, p. 17-55. 2  De la riche bibliographie sur les aspects scolaires de la “Renaissance du XII e  siècle”, on peut retenir les travaux classiques de G. P  ARÉ  / A. B RUNET  / P. T REMBLAY  , La Renaissance du XII e  siècle. Les écoles et l’enseignement, Paris/Ottawa 1933, É. L ESNE  ; Histoire de la propriété ecclésiastique en France, t. 5, Les écoles de la fin du  VIII e  siècle à la fin du XII e  siècle, Lille 1940 ; P. D ELHAYE , L’organisation scolaire au XII e  siècle, dans : Traditio 5 (1947), p. 211-268, repris dans Enseignement et morale au XII e  siècle, Fribourg/Paris 1988, p. 1-58 ; ainsi que les diverses contributions de J. V  ERGER  , Une étape dans le renouveau scolaire du XII e  siècle ?, dans : F. G  ASPARRI  (éd.), Le XII e  siècle. Mutations et renouveau en France dans la première moitié du XII e  siècle, Paris 1994, p. 123-145 ; Des écoles du XII e  siècle aux premières universités : réussites et échecs, dans : Renovación intelectual del Occidente Europeo (siglo XII). Actas de la XXIV Semana de Estudios Medievales de Estella. 14 al 18 de julio de 1997, Pampelune 1998, p. 249-273 ; et en dernier lieu, De l’école d’Abélard aux premières universités, dans : J. J OLIVET  / H. H  ABRIAS (éd.), Pierre Abélard. Colloque international de Nantes, Nantes 2003, p. 17-28.  Cédric Giraud d’enseignement et des difficultés de communication. Les historiens qui ont étudié l’enseignement au XII e  siècle ont justement délimité les embûches qui empêchaient de reconstituer un cours. En effet, les quelques œuvres qui décrivent au XII e  siècle la ratio   studiorum   reflètent davantage l’idéal pédagogique des maîtres et les normes didactiques alors en vigueur que les pratiques effectives 3 . Quant aux ouvrages dont il est possible de déterminer, avec un degré de certitude d’ailleurs plus ou moins grand, la provenance scolaire, ils posent, le “paradoxe, voire l’aporie”, formulée par Monique Goullet, “d’une démarche qui ne peut se fonder que sur la ‘scripturalité’ pour atteindre l’oralité” 4 . De plus, si l’on se tourne vers les travaux d’autres spécialistes du Moyen Âge, qu’ils soient linguistes, historiens de la langue ou philosophes, on constate que l’intérêt s’est surtout porté sur l’histoire des idées linguistiques, et notamment pour le XII e  siècle, sur l’interaction entre théologie et réflexion grammaticale 5 , alors qu’il n’existe pas à ma connaissance de travail linguistique contemporain analysant les conditions médiévales de production du savoir. C’est dire qu’en nous intéressant à la profération des verba magistri  , nous abordons une terra incognita  . Pour le Moyen Âge, seule la prédication, considérée sous l’angle de la communication d’un message religieux 6 , fait l’objet d’études dont il conviendrait d’étendre la méthodologie aux autres “métiers du langage” 7  On ne saurait donc envisager ni se flatter de donner ici un exposé de synthèse. De manière inchoative et pour éviter des généralisations encore prématurées, le propos a été volontairement limité aux sources documentant les milieux scolaires français pour les années 1100-1160 : ce moment, particulièrement important, permet en effet de nuancer le tableau par trop monolithique qui a été évoqué et de montrer que l’oralité constitue un problème perçu en tant que tel par les milieux scolaires. Dans le domaine social, cette époque correspond à l’émergence d’une catégorie nouvelle, celle des maîtres elle-même indissociable d’une “révolution scolaire” dont les caractères généraux sont maintenant bien connus 7 . Ces magistri   forment un nouveau groupe que les contemporains ont nettement identifié. Au-delà des étiquettes commodes opposant leur pratique théologique à celles des moines, ce groupe partage-t-il un code linguistique qui lui est réservé et qui l’isolerait d’autres ensembles ? Par ailleurs, s’il est vrai que la théologie se constitue alors comme une 3  Sur les difficultés de cette histoire, voir J. V  ERGER  , Tendances actuelles de la recherche sur l’histoire de l’éducation en France au Moyen Âge (  XII e - XV  e  siècles), dans : Histoire de l’éducation 6 (1980), p. 9-33 ; I D ., avec la coll. de G. B EAUJOUAN / G. D  AHAN / G. G IORDANENGO /  J. J OLIVET , Histoire intellectuelle, dans : M. B  ALARD  (éd.), L’histoire médiévale en France. Bilan et perspectives, Paris 1991, p. 177-197 ; et I D ., Les historiens français et l’histoire de l’éducation au Moyen Âge : onze ans après, dans : Histoire de l’éducation 50 (1991), p. 5-16. 4  Voir sa communication dans le même recueil. 5  La meilleure mise au point historiographique est fournie dans la thèse inédite de L. V   ALENTE , Doctrines linguistiques et théologie dans les écoles de la seconde moitié du XII e  siècle, t. 1, Paris 1999, p. 12-21. Je dois la consultation de ce travail à Irène Rosier-Catach que je remercie  vivement de son obligeance. 6  Voir le bilan dressé par N. B ÉRIOU , Conclusion. La parole du prédicateur, objet d’histoire, dans : R. M. D ESSÌ  / M. L  AUWERS  (éd.), La parole du prédicateur,  V  e - XV  e  siècle, Nice 1997, p. 479-488. 7  Cf. M. C OHEN , Matériaux pour une sociologie du langage, Paris 1971, p. 162. 7  Sur cette formule, cf. J. V  ERGER  , La Renaissance du XII e  siècle, Paris 1996, p. 98 et 108.  15. Per Verba magistri  . La langue des maîtres théologiens au premier XII e  siècle discipline autonome en s’appuyant sur le trivium  , cette technicité croissante suffit-elle à épuiser la langue des écoles ? Pour tenter de répondre à ces questions, il convient de montrer que les contemporains ont eu conscience des enjeux posés par l’oralité à la théologie, qu’il s’agisse des obstacles qu’elle aplanissait aussi bien des barrières qu’elle érigeait. Une fois mise au jour l’ambiguïté de la communication orale au sein des écoles, il sera possible d’indiquer quelques caractéristiques de la langue théologique. L’ambiguïté de la communication orale au sein des écoles  Afin de comprendre la fonction remplie par la communication orale et ses traits distinctifs au sein des écoles du premier XII e  siècle, il faut au préalable tenter d’en saisir la genèse à l’aune des sources pédagogiques et narratives. La démarche, pour problématique qu’elle paraisse à bon droit, mérite cependant d’être tentée : trop souvent, l’œuvre une fois imprimée masque la complexité de la diffusion manuscrite, elle-même alors déconnectée de son contexte scolaire primitif de production. Au commencement était l’élève. Avant même de renvoyer à leur statut de res scripta  , à une quelconque ‘fonction auteur’ ou à la figure du maître, les textes issus des écoles nous parlent de leur public. On en veut pour preuve les pratiques de deux maîtres aussi différents que Pierre Abélard et Hugues de Saint-Victor : là où le premier affirme en une formule fameuse qu’il a mis par écrit sa somme scholarium nostrorum petitioni  8 , Hugues explique au commencement du De archa Noe   qu’il n’a retenu dans son traité qu’une partie des collationes   tenues dans le cloître, celle qui plaisait le plus à ses confrères 9 . Derrière un double truisme – un professeur parle pour son auditoire et un texte médiéval doit s’autoriser d’un public ou d’un commanditaire pour exister – il faut noter un fait historique d’importance : la parole magistrale, avant d’être fixée par écrit, existe par et pour des élèves. Ces propos, qui sont également l’expression topique de la causa scribendi  , reçoivent une confirmation incontestable si l’on s’intéresse à l’économie même du débat scolaire. Un des caractères les plus frappants de la “révolution scolaire” du XII e  siècle est, en effet, l’accroissement du niveau de l’enseignement et corrélativement l’augmentation des exigences des élèves. À l’évidence, la forme même de l’enseignement, autant qu’on peut la restituer pour les premières décennies du XII e  siècle, n’est pas directement faite pour donner la parole aux élèves. La lectio  à laquelle sont soumis les textes profanes et sacrés consiste dans une explication littérale qui, même assortie de développements plus spéculatifs, demeure du ressort du maître. En revanche, certains problèmes, que les auctoritates   bibliques et patristiques ont laissés sans solution assurée, accordent quelque latitude au débat scolaire, entre le maître et certains de ses élèves, notamment les plus avancés. On 8   Scholarium nostrorum petitioni prout possumus satisfacientes, aliquam sacre eruditionis summam quasi divine scripture introductionem conscripsimus  , Theologia ‘Scholarium’, Prefacio, 1, éd. par E. M. B UYTAERT  / C. J. M EWS (CC CM 13), Turnhout 1987, p. 313, l. 1-3. 9   In qua collatione, quia quedam specialiter placuisse fratribus scio, ea potissimum stilo commendare volui, non tantum ideo quod ea digna scribi existimem, quam iccirco quod quibusdam prius inaudita et ob hoc quodammodo magis grata esse cognovi  , De archa Noe, I, 1, éd. par P. S ICARD (CC CM 176), Turnhout 2001, p. 618, l. 12-16.  Cédric Giraud connaît quelques-unes de ces questiones saepe ventilatae   pour reprendre la terminologie de l’époque : création simul   ou  per intervalla  , culpabilité relative d’Adam et d’Ève, nature de la transmission du péché srcinel, état du corps eucharistique donné par le Christ lors de la dernière Cène, peine des enfants morts sans baptême, tels sont, parmi bien d’autres, des disputabilia   encore ouverts à la discussion dans la première moitié du XII e  siècle. La lectio  peut donc, par le biais des quaestiones  , tourner à la disputatio , voire à la confrontation où le rapport de force prend le pas sur le débat d’idées. Comme les écoles heureuses n’ont pas d’histoire, on connaît surtout les situations de crise où le débat scolaire tourne à l’aigre, et où la communication vire à l’incompréhension. Pour marginaux qu’ils puissent paraître, ces cas limites illustrent cependant la manière dont la communication orale se noue ainsi que celle dont elle connaît des déficiences. Un des exemples les plus célèbres de la tension existant entre maître et élève est constitué par l’affrontement oral entre Abélard et Anselme de Laon vers 1113. On sait avec quelle insolence le logicien aborde le vieux maître : type même du mandarin selon Abélard, Anselme n’est pour lui qu’un professeur dépassé 10 . Selon  Abélard, Anselme a tout, c’est-à-dire une école et des élèves, sauf l’essentiel : une parole autorisée. Le maître n’explique pas, il enfume. Au lieu de rendre raison des énoncés de foi, il produit la confusion. Cette insuffisance d’Anselme proclamée par  Abélard n’est pas en retour sans conséquence : elle autorise l’élève en divinitas   à se proclamer maître et à développer un enseignement ‘sauvage’ qui concurrence directement celui d’Anselme. Cette discordance ne demeure pourtant pas impunie, car Anselme fait chasser Abélard de la ville de Laon. Familier de ce genre de contestation orale – Guillaume de Champeaux en fit auparavant les frais – Abélard n’est pas un cas isolé. De façon similaire, Gautier de Mortagne se heurte à Albéric de Reims dans les années 1120 : Albéric apparaît, aux dires de son élève Gautier, comme un maître riche en paroles mais pauvre en réponses. La rupture est cette fois-ci consommée dès lors que le maître oppose un mutisme dédaigneux aux questions de Gautier. Ce dernier ouvre alors sa propre école à Reims, mais il finit par en être chassé à l’instar d’Abélard 11 . Ces épisodes rendent fort bien compte, fût-ce de manière limitée puisqu’il s’agit de cas de rupture, de la manière dont la parole circule dans les écoles. Il est 10  Sans le citer, nous renvoyons au récit bien connu de l’Historia calamitatum, éd. par J. M ONFRIN , Paris 1978, p. 68-70. L’épisode a été commenté à l’envi de C. DE  R  ÉMUSAT , Abélard, Paris 1845, réimpr. Francfort 1975, p. 35-39 à M. C LANCHY  , Abélard, Paris 2000, p. 100-104. 11   Sed ut de illo quod ad rem attinet aliquid inferamus, erat homo in lectione satis diffusus, gratus, facundus, sed non adeo in questionum solutione. Verum ille Mauritanensis unus de suis auditoribus ingenio prevalens, utpote argutus et acutus, ei frequenter opponebat et non respondebat ei verbum. Quid ergo ? Stomachatus magister, hec in die illo agente, avertit omnino faciem suam ab eo et jam cum illo non loquebatur. Quam ob rem quia hic erat alienigena, ut daret locum ire, ad Sanctum Remigium in eadem urbe se contulit et ibi scholam fecit. Et factum est dum iret, secuti sunt eum multi, tam de illius discipulis, quam de suis qui noverant eum et venerant cum eo, cum quibus et venerabilis adolescens, suus compatriota, et de condiscipulo ante, modo factus discipulus quemadmodum et illi. Factaque est in brevi discentium sub illo docente turba non modica, nec desistit doctor predictus, in hoc non bene seipsum docens, ire livorem addere, persequens et prohibens eum scholari, utique volens expellere eum de finibus suis  , Vita Hugonis abbatis Marchianensis, éd. par E. M  ARTÈNE  / U. D URAND , Thesaurus novus anecdotorum, Paris 1717, t. 3, col. 1712-1713.  15. Per Verba magistri  . La langue des maîtres théologiens au premier XII e  siècle plausible de supposer que, de tout temps, les élèves ont pensé du mal de leurs maîtres et de leurs insuffisances réelles ou supposées, mais on peut se demander s’ils osaient toujours exprimer à haute voix leurs désaccords. C’est seulement à partir du XII e  siècle que la documentation laisse entendre ces voix discordantes : elle atteste ainsi des confrontations que les sources sur l’éducation monastique ne permettaient pas de soupçonner. Si la pression exercée par les élèves sur les maîtres est ainsi réelle, celle des maîtres sur leurs élèves n’est pas moins grande : au-delà de la surveillance du travail accompli ou de la police des mœurs traditionnelles dans les écoles médiévales, les maîtres défendent également leur savoir contre des élèves peu scrupuleux. De cette forme de déontologie scolaire Jean de Salisbury donne un exemple éloquent à propos du maître Gilbert de La Porrée. Anticipant Boileau et son fameux “soyez plutôt maçon, si c’est votre talent”, Gilbert critique de manière cinglante ceux qui déshonorent le savoir par leurs actions ou leur goût du lucre. Il leur propose plutôt le métier de boulanger (  ars pistoria   ) ouvert à tous les élèves dépourvus de moyens intellectuels ou financiers 12 . Parole débattue, la parole théologique donne à parler et fait également parler d’elle. Elle participe donc de la création d’un milieu scolaire où les verba magistri  , échappant à leurs locuteurs, deviennent des réalités autonomes, au péril de tous les détournements. Or, les clercs du XII e  siècle possèdent une conscience très nette du risque que font courir la volatilité et la mauvaise compréhension des énoncés scolaires à l’unité de la foi. Dès l’époque, trois modes de régulation sont donc proposés afin de mieux contrôler la parole magistrale : la confrontation orale, le débat écrit, et la voie conciliaire qui combine les deux premières approches. Le cas du moine bénédictin Rupert de Deutz illustre la manière dont on peut tenter de remédier aux dysfonctionnements de la transmission orale. À la suite d’une grave crise intérieure au début des années 1110, Rupert, alors profès du monastère Saint-Laurent de Liège, commence à porter un intérêt soutenu aux questions théologiques, persuadé qu’il est d’avoir un talent particulier pour les résoudre. Dès 1111, dans son De divinis officiis  , Rupert s’en prend, mais sans les nommer, à ceux qui se demandent comment concilier la chute d’Adam avec la toute-puissance divine. La question, sans doute agitée dans les milieux liégeois, est reprise à nouveaux frais dans un traité indépendant, rédigé en 1116, le De voluntate Dei  . Dans cette œuvre de circonstance, Rupert combat une thèse qu’il rapporte à  Anselme de Laon et Guillaume de Champeaux 13 . Après une préface attestant en 12   Solebat magister Gillebertus tunc quidem cancellarius Carnotensis et postmodum venerabilis episcopus Pictavorum, temporis ejus nescio ridens aut dolens insaniam, cum eos videbat ad studia quae praedicta sunt evolare, eis artem  pistoriam polliceri, quoniam illa est ut aiebat in gente sua quae sola excipere consuevit omnes aliis opibus aut artificio destitutos  , Metalogicon, I, 5, éd. par J. B. H  ALL  / K. S. B. K  EATS -R  OHAN (CC CM 98),  Turnhout 1991, p. 20, l. 2-7. 13   Haec idcirco nunc ad vos dicere incipimus, o magistri temporibus nostris inclyti, Wilhelme Cathalaunensis pontifex et Anselme Laudunensis lucifer, quia de vestris scolis hoc se quidam nostrorum accepisse fatetur ut diceret : quia Deus malum fieri vult et quia voluntatis Dei fuit quod Adam prevaricatus est. Non scripturarum auctoritatibus, sed vestri nominis magnitudini innititur, traditamque a vobis hujusmodi divisionem longa contentione testatur  , De  voluntate Dei, 1, PL 170, 437C.
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