Jeunes, Emploi et Migrations: la génération des « born-global» 1

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  Jeunes, Emploi et Migrations: la génération des « born-global» 1   MUSETTE Mohamed Saïb Sociologue  –   Directeur de recherche, CREAD, Alger  –   Algérie  saib_musette@yahoo.fr www.cread.edu.dz Introduction Cette étude rétrospective permet de revenir sur mes analyses et réflexions produites ces dernières années. Il y a un peu plus de vingt ans, j’avais soulevé la question de l’avenir de la jeunesse avec toute une série de problèmes nouveaux 2 : à la suite de la révolte d’octobre 1988, la solidarité familiale était mise à rude épreuve et la pauvreté ainsi que l’exclusi on sociale s’installaient dans les villes. Puis, en 1999 3 , je suis revenu à l’héritage social des années 1990, avec les nouveaux défis du social, notamment la question des salaires, la  paupérisation ambiante, le processus de privatisation et le nouveau plan national de lutte contre le chômage (1998). Prenant appui sur ces travaux , je m’interroge sur l’évolution de la condition juvénile depuis l’indépendance à nos jours.  Chaque génération est appelée à relever des défis de la socialisation en fonction du niveau de développement de la société. Ces défis deviennent de plus en plus complexes. Un rapport récent de la Banque Mondiale 4  fixe au moins cinq défis : la scolarisation, l’insertion dans le monde du travail, la prise de risque dans la vie sociale, la formation de la famille, l’accès à la pleine citoyenneté. On peut aussi ajouter la migration (interne et internationale) comme l’un des défis propres à la population juvénile, selon la classe d’âge retenue.  Les sociologues 5  avaient circonscrit la jeunesse dans la tranche d’âge 15 -24 ans déjà dans les années 60. Ce n’est qu’en 1985, lors de l’Année Internationale de la Jeunesse, que l’UNESCO va retenir cette même tranche d’âge pour qualifier « la jeunesse » en vue des comparaisons universelles. La jeunesse algér  ienne, au lendemain de l’indépendance, appartenant la tranche 15- 24 ans, avec près de 2 millions d’individus, représentait à peine 15% de la population algérienne. Pour cette même classe d’âge, le taux passe à 24,6% de la  population en 2008. La classe d’â ge a changé maintenant : elle se situe entre 15 et 34 ans 6 . Autrement dit, on reste jeune plus longtemps 7 , ce qui donne selon le RGPH 8  2008, 13,6 millions d’individus, soit 45% de la population algérienne. 1  Cet article a été publié par la revue de la « Société Algérienne de Psychologie » portant sur « Jeunes entre malaise de vie et projet de vie » SARP N° 12(2012), Alger. pp.7-25  –    la notion de « born-global », caractérisant les Start-Ups, traduit bien les comportements de la nouvelle génération de la jeunesse algérienne des années 2000. 2  Cf. « Quel avenir pour la jeunesse algérienne ? » In  Revue Economie & Humanisme  n° 309, septembre-octobre 1989, Lyon. France. 3  Cf. « La situation sociale en Algérie », in revue  Maghreb-Machrek  , n° 167, janvier-mars 2000. France 4    Rapport de la Banque Mondiale , Génération Nouvelle 2007. Washington   www-wds. worldbank  .org/external/.../IB/.../359990WDR0complete.pdf 5  Léopold Rosenmayr « conditions sociales et économiques influençant la vie des jeunes » - Grenoble 23/08/1964  –   Conférence internationale sur la jeunesse. 38p. 6  La classe 15- 34 ans est retenue par l’Union Africaine, dans la Charte de la Jeunesse Africaine, adoptée  en  juillet 2006. L’Algérie n’a pas encore ratifiée cette Charte.  africa-youth.org/files/African_Youth_Charter_fr.pdf 7  Cet élargissement du spectre de la population juvénile fait référence à la Charte de la jeunesse Africaine, adoptée par l’Unité Africaine pour l’analyse des comportements des jeunes pour l’Afrique. Elle a été  adoptée aussi par les instances internationales pour l’étude de la jeunesse algérienne, par exemple, le rapport du BIT et du PNUD (2011) sur l’Algérie.    Mais le monde des jeunes n’est pas une constructi on sociale figée. Ce dynamisme impose, à chaque fois, une construction nouvelle 9 . La jeunesse algérienne a connu des évolutions importantes depuis l’indépendance. L’extension de la phase de transition entre l’enfance et l’adulte n’est pas spécifique à la société algérienne ni encore africaine. Olivier Galland fait la même observation pour la société française 10 . Et, au Canada aussi les seuils se situent entre 15 et 32 ans 11 . Cette longue transition vers le monde des adultes expose les jeunes à des problèmes de plus en plus complexes, tels la gestion de la vie sexuelle. Un des éléments explicatifs de cet élargissement repose sur l’extension de la scolarisation en Algérie 12 . Une simple comparaison de l’effectif scolaire entre 1966 et 2008 donne une idée de cette extension. En 1966, 74% de la population algérienne étaient analphabètes et 0,3% avait un niveau supérieur. En 2008, l’analphabétisme a fortement reculé mais reste encore problématique, avec un taux de 22% 13 . Par contre, l’enseignement supérieur a connu un accroissement important pour se situer à 7,6% de la population. Il faut aussi savoir qu’actuellement, il y a plus d’un million d’étudiants dans les 25 villes universitaires. L’une des conséquences de cet élargissement de la classe d’âge de la jeunesse e st celui du report au calendrier du mariage. L’âge moyen au mariage , selon les données censitaires 14  : était de 25,3 ans pour les hommes et 20,9 ans pour les femmes en 1977, il passe à 27,7 ans  pour les hommes et 23,7 ans pour les femmes en 1987. En 2008 l ’âge moyen s’éloigne encore, il est estimé à 31,1 ans pour les hommes et 29,4 ans pour les femmes. Ce qui implique une gestion de la vie sexuelle des célibataires dans une société où le mariage est une institution encore « sacrée ». Dans cette rétrospecti ve, l’accent sera mis sur les changements marquants du monde des jeunes, avec un focus sur l’insertion dans la vie active dans un contexte de changement des règles des migrations internationales. Quatre questions principales vont nous servir de fils conduc teurs pour cerner les rapports entre les jeunes, l’emploi et la migration. Ce qui va aussi donner une structure à notre analyse. D’abord, comment a évolué le monde des jeunes ces cinquante dernières années ? De quelle manière les générations négocient leur insertion dans le monde du travail ? Quels sont les rapports entre les jeunes et les migrations internationales ? Est-ce que les migrations, parce que plus intenses chez les jeunes, sont motivées par la recherche d’une vie différente et/ou par l’emploi  ? 8  RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitat   9  « Selon la définition adoptée par les Nations Unies, la “jeunesse” s’entend des cohortes d’âge de 15 à 24 ans, mais il est à noter que le Programme d’action mondial pour la jeunesse à l’horizon 2000 et au -delà admet que ce terme revêt des significations variées selon les sociétés. Travaillant en partenariat avec ses Etats membres et des organisations non gouvernementales, l’UNESCO respecte les diverses définitions de la jeunesse correspondant à différents contextes politiques, économiques et socioculturels   ». in Rapport de l’UNESCO (1998) Conférence mondiale Lisbonne (Portugal)  –   « Jeunesse, éducation et action au seuil du siècle prochain et au-delà » 20p. http://unesdoc.unesco.org/images/0011/001133/113316fo.pdf 10   «  L’autonomie est donc beaucoup plus précoce qu’elle ne l’était autrefois, mais l’indépendance est au contraire de plus en plus tardive, du fait de la prolongation des études (stoppée cependant depuis quelques années) et du retard de la stabilisation dans l’emplo i  »  Notes sur l’autonomie par Olivier Galland, www.laligue.org/assets/Uploads/PDF/  Galland  .pdf   -  France   11  Cf. le point de la recherche, octobre 2011- http://www.schl.ca/odpub/pdf/67513.pdf 12  On peut aussi évoquer le recul du calendrier au mariage qui se situe à présent autour de 30 ans 13   Le Recensement 2008 dénombre 6,7 millions d’analphabètes, âgé s plus de 5 ans en Algérie. Il y a lieu de noter qu’il y a plus d’un million de jeunes (15 -34 ans) qui sont analphabètes en 2008. 14  Cf. Nacer Eddine Hammouda : Jeunesse algérienne : entre débrouille, révolte et harga  –   working paper, 2011. CREAD  Evolution du monde des jeunes : des générations qui se ressemblent ? La jeunesse, en tant que phénomène, est une construction sociologique qui se situe dans une tranche d’âge sans cesse redéfinie en rapport à deux seuils : un minimum, c'est-à-dire la sor  tie de l’enfan ce et un maxim um, l’entrée dans le monde des adultes . Cette construction ne saurait être figée. Ces seuils sont foncti on de l’évolution de la société.   C’est une population en apparence homogène. Elle se manifeste rait partout de la même manière, avec des rituels marquant le seuil minimum et celui du maximum. Durant cette  phase, les jeunes seront régulièrement soumis à des règles conditionnant les différentes majorités : accès à l’emploi, accès à des espaces publics, majorité civile et pénale, majorité sexuelle. Ces règles sont autant de contraintes imposées pour la mise en condition des jeunes. Tout dépassement est passible de sanction sociale. L’unicité de cette phase ne signifie pas pour autant l’homogénéité du phénomène. Elle est en même temps différente dans le monde selon le contexte, le niveau de développement économique et social, les modes de socialisation…   A l’indépendance de l’Algérie, la plage de la jeunesse  (c'est-à- dire l’écart entre le seuil minimum et le seuil maximum) était assez limitée. Nombreux d’entre eux n’étaient  pas scolarisés, pour ne pas dire analphabètes. Cette jeunesse avait pris les armes pour la libération du pays. Elle a connu des pertes et possède aussi ses héros. Cette jeunesse a aussitôt accédé à des responsabilités sociales (par le mariage précoce), économique (par le travail ou la migration internationale négociée), politiques (accès aux postes dans les communes, dans les appareils du FLN). Cette période allait voir aussi les jeunes accéder aux avantages octroyés sous l’ère du socialisme   : accès à l’emploi  durable et permanent, suite à une formation parfois élémentaire et accès au logement dit « logement de fonction » pour les jeunes cadres, du technicien aux cadres supérieurs. La réinsertion des émigrés algériens allait permettre à de nombreux jeunes exclus dans les pays d’accueil de revenir en Algérie 15 , d’accéder aux grandes écoles et aux universités algériennes qui s’arabisent et s’algérianisent. L’UNJA accompagne les jeunes (le volontariat) dans le monde rural pour construire des « villages socialistes ». Les jeunes partent aussi en voyages organisés (avec Nedjma), avec un pécule en  plus, partout dans le monde. Des amicales Algérie existaient avec la plupart des pays « socialiste ». Aucune restriction à la mo  bilité n’était  imposée. Sans visa, notamment en France. Mais le « socialisme » allait produire aussi des désillusions. La crise s’installe au début des années 1980. Des scènes de révolte des jeunes ont commencé dans la Kabylie avec le printemps berbère. Le contrechoc pétrolier en 1986 va révéler la faiblesse de la stratégie économique. Face à l’inertie des forces ouvrières (déjà embourgeoisées) et des organisations de masse, la révolte d’octobre 1988 va donnait naissance à une deuxième génération de la  jeunesse. Elle va sortir dans les rues et d’appeler à un changement de leurs conditions , avec les hittistes 16    en   tête de file. D’autres forces 17  émergent et sortent de la clandestinité pour emboiter le pas des jeunes. Les autorités algériennes, ceux-là même qui ont conduit le « socialisme », proposent des réformes profondes (1988) avec une ouverture de l’économie, du mouvement associatif, du mouvement syndical et renouvellent la Constitution (1989). Cette ouverture au pluralisme, 15  Cf. Notre analyse des migrations de retour sur le site http:// www.mirem.eu 16    Hittiste  est une expression arabe populaire, dérivé du mot arabe « hit » (mur). Cette expression est utilisée  pour qualifier les jeunes (citadins) qui restent adosser aux murs toute la journée, sans rien faire. Ils sont ni à l’école, ni au travail, parfois ne cherche même pas un emploi . 17  A la suite de la r  évolte d’Octobre 1988, ils sont plusieurs autres forces qui ont émergé es sur la scène politique algérienne, notamment celles qui étaient dans l’opposition au Pouvoir du FLN ou qui menaient des activités dans la clandestinité.  dans une conjoncture de crises multiformes (politique, économique, sociale, culturelle), a conduit à l’émergence d’une explosion sociale avec des actes de violence d’une rare intensité. Les jeunes étaient parties prenantes de ces luttes sociales, ils sont nombreux à entrer aussi dans le maquis des terroristes . D’autres jeunes s’orientent vers le   trabendo 18  en substitution aux défaillances d’une économie mise à rude épreuve par les institutions de Bretton -Woods. Face à ce malaise, les autorités vont élaborer des « dispositifs d’emploi de  jeunes » 19  en  puisant dans la boite à outils des politiques d’emploi. De leurs conditions de hittistes, de trabendistes , il y aura aussi des kamikazes , enrôlés pour des attentats terroristes. Avec la « décennie noire  » 20 , la jeunesse algérienne actuelle n’a  pas vécu une enfance ou une adolescence « normale ». Elle recèle encore des traumatismes et les actes de violence se multiplient, dans les quartiers urbains, dans les arouch , 21  dans les stades sous toutes les formes. Privée aussi de la mobilité, nationale et/ou internationale, les jeunes sont devenus suspects partout, dans les mouvements inter-wilayate comme au niveau des frontières. A la différence de la première génération des jeunes, des restrictions sont imposées à la mobilité, à l’exception de trabend istes, jeunes, femmes et autres « moutons 22  » qui remplissent les vols internationaux. Les années 2000 vont donner naissance à une nouvelle configuration des jeunes qui sont plus instruits et plus revendicatifs. L’économie algérienne se redresse peu à peu. D’une  période de pénurie, on va passer à une période d’abondance et d’aisance financière. La mise en condition juvénile est toute autre. Elle échappe à l’autorité familiale, à l’école. La socialisation des jeunes se fait dans la rue, dans le quartier et dans les cybercafés. Elle entre dans la « jeunesse-monde » (Generation Y) par effraction car encore peu habituée avec les nouvelles technologies. Elle découvre le monde virtuel et veut forcer les frontières. Une fraction de jeunes pratique « el harg » 23 , via le Maroc ou la Tunisie pour entrer en Europe par l’Espagne ou par    l’Italie. Après 2005, à la suite des événements en Octobre à Ceuta et Melilla 24 , les départs se font des côtes de l’ouest algérien pour rejoindre l’Espagne et des côtes de Skikda et Annaba pour se rendre vers la Sardaigne ou la Sicile en Italie. L’échelle sociale fonctionne aussi de manière erratique. Des pans larges des couches moyennes sombrent dans le déclassement, dans une nouvelle pauvreté qu’elles assument difficilement. Les jeunes sont dans tous les mouvements sociaux, avec des émeutes à répétition pour n’importe quels  besoins ou droits censés acquis. Une autre fraction tente le déclassement par un pseudo-entreprenariat, avec la redistribution de la rente pétrolière, parfois 18  Le trabendo  est une expression arabe algérienne populaire pour caractériser les activités de commerces frauduleuses, notamment de l’importation des biens de l’étranger sans payer des droits de douanes.  Les  pratiquants sont appelés trabendistes. 19   Le premier rapport sur l’ emploi des jeunes a été élaboré en 1987. Juste après Octobre 1988, le Président de la République devait annoncer un programme de création « 100 000 emplois pour les jeunes  ». Les actions portaient notamment sur les dispositifs d’insertion professionnels, avec les travaux d’utilité collective (TUC), la création des coopératives des jeunes. 20   L’expression «  décennie noire » est utilisée pour la période 1991- 1998. Durant laquelle l’Algérie a été confrontée à une série de crises multiformes marquées par des actes de vi olences d’une intensité exceptionnelle . 21   Expression d’srcine berbère pour qualifier   une organisation sociale et politique dans les zones rurales de la Kabylie qui s’est étendue à la ville dans la Kabylie  ; Cf. Nassim Amrouche  «  Arouch : la tribut à la conquête de la vielle » Http://eso.cnrs.fr/TELECHARGEMENTS/colloques/rennes_11_08/Amrouche_Nassim.pdf 22   L’expression de «  mouton » est utilisée par Belhouari Djamila (CREAD, 2010) dans un Working Paper sur « les femmes dans l’informel   » pour qualifier les jeunes filles au visage innocent qui passent aisément les douanes aux frontières. D’autres auteurs utilisent «  bourricots » ou encore « djounouds » (soldats)…   23  « El harg » est une expression arabe, commun au pays du Maghreb pour qualifier les jeunes qui tentent de traverser, de manière irrégulière, la méditerranée pour atteindre les pays du Nord à bord des embarcations légères. 24   Cet évènement est caractérisé par l’utilisation des armes par les services sécuritaires (Marocains et Espagnoles) qui a entrainé la mort de certains migrants qui tentaient de forcer les clôtures de ces deux enclaves espagnoles au Maroc. Cf. le livre noir accessible sur le site www.meltingpot.org/IMG/pdf/ livrenoir - ceuta .pdf  sans une r  éelle culture d’entreprise.  Ils sont nombreux les jeunes qui se lancent dans l’ entreprenariat , avec l’aide de l’Etat (notamment à travers l’ANSEJ 25 ). Le taux de mortalité de ces entreprises est estimé assez élevé. Aucune donnée de permet à ce jour d’évaluer   les remboursements des prêts bancaires, les banques étant couvertes par le fond de garanti mis en  place par l’Etat.  Des emplois temporaires sont financés aussi pour calmer les tensions sociales sur le marché du travail. Ils sont des milliers autres jeunes qui bénéficient des contrats « pré-emplois » avec une indemnité dérisoire (inférieur au SNMG 26 ). Ils sont peu nombreux à être « permanisés » à la fin du contrat. Les autres rejoignent le groupe de chômeurs ou se remettent dans la file d’attente pour un nouvel emploi temporaire.  Les jeunes et l’emploi, un couple en crise permanente   Les rapports des jeunes à l’emploi vont suivre les configurations de la jeunesse Autrement dit, chaque génération de jeunes fera l’objet des politiques spécifiques de l’emploi . Il existe très peu de données fiables durant les premières années de l’indépendance sur le marché du travail. Il y a eu beaucoup d’écrits sur la base des données des recensements sur l’activité. Ces données sont réputées «  imparfaites » depuis que l’OIT a arrêté des normes  pour l’estimation des indicateurs du marché du travail. Les réformes économiques et politiques engagées, vers la fin des années 1980, devaient changer aussi la problématique du social en Algérie. Parmi les défis sociaux le plus important , la question de la jeunesse et de l’emploi reste d’actualité. Il semble que le couple « jeune-emploi » n’arrive pas à sortir d’une crise qui dure. Un retour sur ce passé récent est très important, pour cerner la nature de la configuration actuelle du social et les perspectives pour les années à venir. Une lecture rétrospective des mesures adoptées 27    pour la promotion de l’emploi donne l’enc hevêtrement de trois phases de dispositifs. Il apparaît que, chaque phase s’est étalée sur une décennie ou  presque. Trois phases peuvent être distinguées La première phase (1989-1997), lancée dans l’urgence , suite à la révolte d’Octobre 1988, a donné naissance à une série de mesures plutôt improvisées , visant, au mieux, à atténuer les effets négatifs du PAS (Plan d’Aju stement Structurel) sur le marché du travail, avec des pertes d’emploi importantes. Les dispositifs, non testés, ont été lancés dans la  précipitation sans effets sur le marché de l’emploi. Ce n’est qu’en 1994 avec la création des institutions nouvelles, telles la Caisse Nationale de l’Allocation Chômage (CNAC) pour l’assurance chômage, l’Agence de Développement Sociale (ADS) pour le filet social, et l’Agence Nationale pour le Soutien à l’Emploi des Jeunes (ANSEJ) pour la promotion des micro-entreprises que cette première génération a contribué positivement à réduire les effets négatifs des réformes économiques engagées sur l’emploi. L’objectif n’était pas de créer des emplois permanents.  Durant cette phase, les emplois d’attentes étaient peu nombreux. Des suppressions d’emplois étaient  programmées. Des indemnités servies devaient à alléger les coûts sociaux des compressions d’effectifs ou des fermetures des entreprises publiques. Le taux de chômage allait connaitre une progression constante. La deuxième phase (1998-2007) consiste en l’expérimentation de certaines mesures et ce n’est qu’à partir de 1998 qu’on assiste à un redéploiement des agences, sur un marché de 25  Agence Nationale pour la P romotion de l’Emploi des Jeun es. 26  Salaire National Minimum Garanti 27   Cette lecture a fait l’objet d’une première présentation sur l’employabilité en Algérie dans un rapport réalisé  pour le compte de la Banque mondiale, juillet 2011. Rapport inédit.
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