EXTRAIT DU RÂPPORT DE M. LE COMTE DE YILLENEUVE-FLATOSC

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s EXTRAIT DU RÂPPORT DE M. LE COMTE DE YILLENEUVE-FLATOSC rapporteur de la Commission du jury du Concours d'histoire institué par la ville de Toulon Uuin 1873). «Les agitations de la vie municipale sont

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s EXTRAIT DU RÂPPORT DE M. LE COMTE DE YILLENEUVE-FLATOSC rapporteur de la Commission du jury du Concours d'histoire institué par la ville de Toulon Uuin 1873). «Les agitations de la vie municipale sont stéréotypées dans le 'ne'mo ire n 3, donnant l'histoire des intrigues, des violences même, dont l'hôtel de Raimondis-canaux a été ou le foyer, ou le point de départ. Construit par les frères Gansard, de 1618 à 1643, cet hôtel est une relique architectonique du règne de Louis XLII. Tiabitée par une /ainilie puissante, cette demeure était le foyer des luttes de la municipalité, dont les dignités étaient le but des ambitions turbulentes. Les agitations dont l'édilité était l'objet,agit ations portées quelquefois jusqu'aux plus extrêmes violences, jusqu'à i'assa.çsinat... son.t très bien retracées par l'auteur. Document ii ii iii! II iii nu; (1 Iii! I E 2 Aux agitations de la liberté municipale, poussées souvent jusqu'à la licence, succède, sous Louis flv, le calme silencieux du despotisme, environné comme compensation passagère du prestige de la gloire. Après le X Vil e siècle, l'hôtel Rainzondis devient le siège respecté d'une famille paisible et distinguée et prison de l'aristocratie en Le même édifice abrite, en 1821, une grande fête populaire donnée à 41. Chevalier, le plu* aimé des Préfets du Var. Plus tard, l'hôtel 1?aimondis finit par être l'asile des patientes études d'une Société archéologique. «En sign alant ainsi les piquantes variations de la destinée d'un édifice cette monographie offre un style facile et souvent élégant, faisant regretter que l'auteur n'ait pis dirigé son talent et sou labeur vers un but pins élevé. e La Coanuission propose l'impression des mémo ires dout nous donnons les titres ci-après 3e L'hôtel de Bai vrondis-canaux à Draguignan (1) (t) La Commission ayant appris que le mémoire devait être inséré dans le bulletin de la Société archéologique Je Draguignan a décidé qu'une médaille d'argent serait décernée son autour. M INTRODUCTION. Artiste, archéologue ou simple curieux, s'il vous est arrivé un jour de vous égarer dans les vieilles rues d'une de ers villes qui on conservé leur pittoresque cachet, n'avez vous pas eu, en présence de certains monuments où semblent revivre les moeurs, la civilisation et jusqu'aux personnages d'une autre époque, une sorte de vision saisissante et non sans charme, de la scène du passé? Devant telle façade, par exempte, bien noire et bien éraillée, mais encore expressive comme une physionomie à caractère sous les rides de la vieillesse, ne vous )tes-vous pas surpris rêvant Je ceux qui vécurent autrefois sous ce toit et essayant de surprendre quelque chose de leur histoire dans les détails de l'architecture? Si intime est le lien qui unit t'homme il demeure, si profonde est sur celle-ci l'empreinte de la personnalité, qu'à travers le mystère de ces vieux murs pleins d'ombre et de poésie -- votre imagination entrevoyait de vagues silhouettes, des figures indécises, comme on devine la forme du corps sous la draperie du vêtement; car la maison est bien le vêtement de pierre de l'existence, moulé sur ses goûts et ses besoins et qui, autre- M fois surtout, en dessinait extérieurement l'importance et le relief. Ce sanctuaire du foyer - comme on est convenu de l'appeler - ne sait cacher aucun secret: aussi empressé d'étaler le luxe des jours prospères qu'impuissant à dissimulerla gêne des jours malheureux - t'es angusta demi - son architecture révèle le genre de vie, les habitudes, la situation morale et matérielle des individus et les destinées des familles à la foule banale qui passe. Et plusieurs siècles après, l'image du fondateur survit encore dans son oeuvre, à tel point que ta postérité reconnaîtra, sous la poussière et les outrages des ans, s'il fut de basse ou de haute condition, riche ou pauvre, esprit vulgaire ou homme de goût. Ce que l'examen des lieux laisse deviner, l'histoire le constate en le précisant, lorsqu'il s'agit d'édifices d'une certaine importance, sur lesquels les documents contemporains ou les données de la tradition jettent quelque Lumière. Elle nous dit l'époque exacte de leur construction, le nom de leurs divers maîtres et - s'ils ont joué un rôle publie - leur biographie, d'autant plus attachante qu'elle se déroule sur un théâtre mieux connu. Les évinerneiitsauxquels ils prirent part ajoutent à l'intérêt archéologique de leur demeure la majesté des souvenirs et la rendent doublement vénérable. Ainsi se complètent et s'éclairent mutuellement les hommes et les choses que la destinée associa, lorsque - évoqués ensemble - le même travail de restitution les replace à côté les uns des autres. Les personnages revivent dans leur milieu, et les faits, en s'individualisant et en se localisant tout à la fois, s'animent et se précisent davantage. C'est un petit coin de tableau qui ressuscite, d'autant plus intéressant peut être que les horizons sont plus bornés et où le défaut de perpective est racheté par le mouvement et le relief des détails. Telle est la méthode què nous avons essayé d'appliquer dans cette modeste monographie, en rattachant à l'histoire d'une simple maison celle de ses anciens maîtres et des évènements auxquels ils furent mêlés. Le champ - très borné au premier aspect - s'est progressivement, sinon démesurément, étendu devant nos recherches, et rencontrant sur nos pas tantôt des figures pleines d'originalité, tantôt des faits curieux ou dramatiques, mais tout aussi peu connus, nous avons été entraîné à esquisser les portraits des uns et le tableau des autres. Peu de nos anciens édifices ont pareille généalogie et un passé à la fois mieux rempli et plus ignoré. La succession de ses possesseurs pendant près (le deux siècles forme une galerie de personnages à caractère qui, tous, marquèrent dans les annales dracénoises, et il n'est pasjusqu' la maison elle-même - maintenantsi paisible - qui, aux époques de tourmente, n'ait joué son rôle révolutionnaire. Il nous a semblé que ces souvenirs faisaient partie de notre patrimoine historique et méritaient d'être exhumés de la poussière des archives qui les ont conservés à notre oublieuse cité. Reconstitués pièce à pièce, à l'aide de traits épars ça et là dans divers documents, ils offrent bien moins un récit complet et suivi qu'une série d'épisodes détachés et comme autant de motifs d'excursion à travers les moeurs, les institutions et les évènements de ce passé local dont l'histoire selon le mot d'un illustre maître est la seule où notre âme s'attache par un intérêt patriotique (I) '. 5 (I) A ugecli', Thierry. Lettres sur l'histoire de Fronce; lettre 2' page fl Fu rue, édition. Lorsqu'on arrive à Draguignan p:ir l'ancienne porte des Houlières ou de Grasse, à l'entrée de la rue de l'observance, anse trouve Lotità-coup en face d'une ancienne construction qui tic saisit pas moins par ses proportions qu'elle n'attriste par sa décrépitude. C'est une grande masse quadrangulaire, presque isolée de toute part, se dressant à quinze mètres environ de hauteur sur des fondations qu'on a cruellement déchaussées, et flanquée à ses deux angles de robustes contreforts en pierre dont les talus la crampohnent au sol en pente OÙ elle a été jetée. Sa principale façade, cédant à un double écartement, s'est depuis longtemps entr'ouverte en déchirures nombreuses et profondes dont les effets se sont traduits sur l'appareil de sa porte centrale par une dislocation pénible à voir. Encore imposant dans sa misère et, pour ainsi dire lier sous ses haillons, l'édifice aje ne sais quel air de grandeur déchue (lui attire. A l'ensemble de ses proportions, à la hauteur peu ordinaire de son premier étage encore exagérée par l'abaissement du sol de la rite W L'HÔTEL DE RAIMONDIS CANAUX. à la sévérité du style, on dirait tout d'abord une ancienne forteresse plutôt qu'une maison d'habitation. Rien de Plus sobre, en effet, que l'ornementation de la façade: sauf les deux piles en pierre des angles, dont l'une estsurmontée d'une petite niche sculptée en saillie sur l'arête, la maçonnerie n'esteoupée que par un simple cordon qui court au premier étage. Mais sur ce fond presque entièrement nu se détache au milieu du rez-de-chaussée, précédée d'un perron moderne d'une douzaine de marches, une grande porte bâtarde en pierre de taille, construite dans le style Louis XIII et d'une monumentale architecture. Comme ces maisons patriciennes de l'ancienne Rome dont parle Virgile, celle-ci est remarquable surtout par son élévation et sa majestueuse entrée f foribus donus alta superbis. La haie spacieuse et d'un cintre un peu lourd s'ouvre dans l'encadrenient de deux pilastres cannelés, prolongés au-dessus do l'architrave par deux triglyphes taillés en pointe de diamant, sur lesquels repose un fronton triangulaire et brisé. Au-dessus du cintre et sur une saillie de l'architrave, soutenue par deux petites consoles, s'élève un grand cartouche, depuis longtemps veuf de ses armoiries. Ce motif, dont l'importance exagérée n'est pas sans prétention, est flanqué de caissons et de volutes, symétriquement disposés et couronné d'un fronton circulaire brisé, du milieu duquel émerge, en guise d'amortissement, un vase de fleurs ci de fruits finement fouillés. Deux grenades, s'élevant sur piédouche de chaque côté, au-dessus des rampants du grand fronton, complètent par un détail d'un goût douteux l'ensemble de l'ornementation. Un peu surchargée - comme La plupart des oeuvres de l'époque - celle-ci ne manque pas de caractère. Le style est large, sinon très pur, les proportions harmonieuses et l'effet général assez imposant / f L'HÔTEL DE RAIMONDIS CANAUX. 1f À l'intérieur, même sévérité qu'au dehors ici point de festons et Il as le moindre astragale. Seulement des pièces de très belle dimension au premier étage (1), de vastes communs au second, des caves spacieuses, en un mot, tout ce qui atteste à la fois les goûts, les habitudes et les besoins d'une grande fortune. (1) 1,2 principale ou salon d'honneur - occupée aujourd'hui par le musée de la Société archéologique - est un rectangle mesurant environ dix mètres de longueur sur oit mètres trente centimètres de largeur, et à très de quatre mètres d'élévation. II CONSTRUCTION 0E L'UÔTiL.- LES FRÈRES GANSARD L'ancienne famille qui nous légua ce monument - éteinte depuis près de deux siècles est du petit nombre de celles dont le souvenir surnage encore dans le vague des traditions locales. Cetie circonstance et plus encore l'inscription de son nom sur les murs de la cité suffiraient à la signaler h notre attention, si de tragiques et mystérieux évènements, l'entourant deje ne sais quelle auréole légendaire, ne répandaient sur toute son histoire un intérêt particulier. C'est la famille Dauphin- Jauffroy ou Jauffret, plus connue sous le surnom de Gansard ( 1), (I) Rien de bizarrement compliqué comme la variété de noms et su rhums dont cette ramille - probablement L rès nomb I eunt - était n rutilée. Elle s'appela successivement. tantôt Daupliin-Railloni, tantôt Jouffroy ou Dauphin-Garasard et mélangea h tel point ces dénominations, qu'à la lin, ne sachant plus h quel nom se vouer, elle adopta le sobriquet de Cnnsaint, non sans te relever par la particule. Un Pierre-Jean Dauphin (Ilis de Guillaume-Jean), qui se qualifiait de notaire et secrétaire du roi néné n attaché son non] h des actes d'une certaine importance. (Voir Louvel. qui t'appelle Rajoni, Addition-t et Illustrations, u, partie, page 67). 1.8 L'HÔTEL DE RAIMONDIS CANAUX. laquelle parait avoir acquis autrefois à Draguignan une notoriété exceptionnelle par sa situation, ses services non moins que par ses malheurs. On la trouve au moyen fige dans nos plus anciens conseils de ville. A la fan du X[V e siècle et au commencement du XVO, M Guillaume-Jean Dauphin, notaire, porta trois fois la robe de syndic (I) et son petit fils, noble Honoré Jauffret, ôtait pour la seconde, fois revêtu du chaperon consulaire, lorsqu'un jour de mars 1551, à la suite d'une discussion financière dans un conseil tenu au quartier du Cros, une émeute s'éleva, qui l'assaillit à coup de dagues et d'épées, sur la place du Marché et le mil à mort (2). Il en mésarrivait quelquefois comme on le verra plus tard - aux magistrats de cette époque. D'I-fonoi'é Jauffret étaient issus - entre autres petits fils - les frères Bernardin et Melehior, dont la biographie se rattache plus particulièrement à notre récit et qui, tous Tes deux, devaient porter dans des carrières diverses l'indépendance et la fouguede caractère de cette race ardente, énergique et peut être un peu ambitieuse. Le premier, né en 4569, fut d'église et hérita de son oncle le capiscolat de Saint-Sauveur d'aix, bénéfice opulent et l'une des principales dignités du chapitre métropolitain (3). Quant 'a Melchior, son puiné, après avoir commandé comme capitaine une compagnie quelconque, il continua à Draguignan les traditions des aïeux, fut membre des conseils de ville, plusieurs fois consul, et, plus heureux que son grand (I) Ou sait que le costume officie[ de nos syndics ou consuls du moyen-âge était la robe mi-partie de deux couleurs, remplacée plus tard par le chaperon, (Voir délibération municipale du 16 décembre 3381, I registre, folio 236, recto. Archives communales). Ç! Pêlibération du 20 mars 1554, page 49. (Archives communales. (3) Ce bénéace ne rendait pas moins de 1,000 livres. C'était une sorte de patrimoire héréditaire duos la famille Gansant dont quatre membres en turent successivement dotés et qui eu Jouit durant pris d'un siècle. L'HÔTEL DE RAIMONDIS CANAUX. 17 père et quo ne devait l'être son propre fils, il ne fit point assassiné, quoique s'y étant tin peu exposé durant les troubles de soit au demeurant, dracénois pur sang l'un et l'autre, comme ils le prouvèrent en défendant sur des terrains divers la cause commune des franchises locales, le chanoine dans son église natale et le consul à l'hôtel-de-ville. La vicai'ie de Draguignan - cornue on appelait alors le bénéfice (le la cure unie depnislongtemps h l'archidiaconéd'aix, avait perdu dans cette inféodation, d'ailleurs plus on moins régulière, le prestige de son ancienne autonomie sans en perdre le souvenir. Au lieu d'être, comme autrefois, tin bénéfice distinct, ayant à sa tète un vicaire on un recteur spécial, ce n'était plus que l'annexe, liés secondaire, d'un anti-e bénéfice qui absorbait une bonne part de ses revenus. L'amour propre des aïeux - très chatouilleux sur toutes les questions d'indépendance et de dignité - souffrait vivement de cette humiliante subordination et était impatient d'en secouer le joug. Mais à Draguignan (lui serait jamais assez influent et assez osé pour engager la lutte contre les archidiacres d'aix, de la famille de Rascas, foute puissante, au parlement? Messire Bernardin Gansard fut ce courageux champion. Sans se laisser effrayer par le crédit de ses adversaires, à la mort de Jean de Rascas (1629), il ouvrit le feu (les hostilités et posa fièrement sa candidature à la vicairie. Son but - disaient ses conseils - était de délivrer l'église qui lui avait donné la naissance spirituelle de la servitude dans laquelle elle était tenue par la domination des archidiacres (1) t. Que les avocats de cette époque fussent toujours très vé- (i) Mémoire le proes. Ilisloire de l'église paroissidie de Noire-Dame et de Seine-Michel, par M. R. Pouite, page 25. 18 L'HÔTE!. DE RAI),IONDLS CANAUX. ridiques et les chanoines fort désintéressés, nous n'avons pas à là rechercher. Toujours est-il que, pont n'être peut-être pas si chevaleresque au fond l'entreprise n'était pas moins louable en principe et de nature surtout à exciter autour de ce libérateur en camail les sympathies populaires. Mais longtemps avant l'ouverture de cette lutte judiciaire, que notre capiscol poursuivit obstinément jusqu'à sa mort sans en voit l'issue, son existence avait été troublée par un événement autrement grave (lue nous ne pouvons passer sous silence quelque triste jour qu'il jette sur sa physionomie. Nous en empruntons le récit au plus scrupuleux des historiens, M. Roux-Aiphéran c Le prévot Gilbert Chartes Desbiôs, dit-il,fut trouvé mort dans ce clottre (de Saint-Sauveur d'aix), le matin du 16 avril 1601, lorsqu'on se rendait à l'office. Aucune blessure ne paraissant lui avoir été faite, on le déshabilla et l'on trouva qu'on lui avait écrasé la poitrine à coups de sacs pleins de terre ou de plomb, ce qui s'appelle en provençal saqucttar. Le capiscol Bernardin DeiphiuGansard fut soupçonné dc ce meurtre, étant connu par son animosité contre le prévôt. Des poursuites criminelles furent intentées à son égard; l'arclievéquà le fit arrêter et constituer prisonnier à l'archevêché où il fut retenu pendant plusieurs années. Mais aucune preuve n'ayant pu être fournie, il fut enfin mis en liberté (4) - On ne s'était pas contenté cette fois de sacs de procès et ce n'est pas sous le poids des arguments îlu'on avait écrasé ce malheureux adversaire. En vérité, 011 croit rêver lorsqu'on se représente, il n'y a pas trois siècles, un dignitaire de l'église se livrant, presque dans le lieu saint et contre un de ses confrères, à ces excès de sauvage fureur I Ou plutôt n'y a t-il pas dans l'énormité même du crime quelque chose (Q) Les ftes d'aix. T. I, p. 996, 291. L'HÔTEL DE BAIMONDIS CANALX. 19 qui proteste bien plus éloquenirnen L que le verdict équivoque (le SCS juges en faveur de l'innocence de Gansard? Quoi qu'il en soit, on peut supposer que notre capiscol ne sortit point de sa captivité longue sans y avoir laissé quelque peu de sa considération et qu'à partir de ce moment, le cloiue de Saint-Sauveur plein d'irritants souvenirs et peut-âtre d'hostilités, do L lui paraître un séjour peu enviable. Ah I si du moins, la vicairie de sa ville na- Laie devenait un jour vacante par la uiorl de messire Jean (le Rascas comme il secouerait volontiers la poussière de ses pieds sur la ciré métropolitaine Ne serait-il pas préférable d'être le premier à Draguignan que le second à Aix, - Serti à magnificat de se voir encensé et de vivre, dans un honorable repos, loin des traits de la calomnie et des prisons de l'archevéque? Simple hypothèse, il est vrai, nais à laquelle le procès intenté à l'archidiacre et surtout l'&liflcaiiorr de cette superbe demeure - irrécusable témoignage de projets de retraite, - donnent une double et incontestable probabilité. Vers l'année 1647 ou 1618, l'intention du constructeur se révèle déjà par l'achat de maisons et casaux situés sur l'emplacement qu'il a choisi dans un aristocratique quartier et non loin du berceau de sa famille (I). Mais il n'est pas encore entièrement maître du sol que surgit une menaçante compétition. En 1621, une douzaine de geotilhommes - ayant vraisemblablement plus de filles que de revenus et désireux d'encourager la vocation religieuse d'icelîes - eurent l'idée de fonder un monastère de (I) La maison paternelle des Gansard nu Xvi' sile était ail Poi-Uguê de Clamanc, comme on appelait alors ta rue du Four de Peisse. 20 L'HôTEL DE RA1MONDJS CANAUX. nonnains (i). Ils jetèrent les yeux sur les terrains de lit de l'observance occupés aujourd'hui par la teinturerie Vial, l'hôtel de liaiiiiondis, etc., jusqu'à l'horlogè, et obti nren t du conseil de ville [aconcession de ce vaste ciii placeur cii L. Il y avait bien là pas mal d'immeubles appartenant à des tiers qui allaient payer de leur dépossession les libéralités municipales. Mais l'administration de celte époque ne s'embarrassant pas pour si peu, décréta pi]rcllient et simplement que les nonnains prendraient ces propriétés «h l'estime n. C'était une véritable et très sommaire expropriation pour cause d'utilité privée. Si, malgré son influence, le capitaine Melchior Gansard - l'un des propriétaires expropriés - n'avait pu empêcher la mesure, il n'en fut pas de uiine de son fière, le capiscol, dont elle renversait lotis les projets. Lorsque M Pierre Lanrens, écuyer - le chef de cette association de pères prévoyants - lui fit signifier la décision communale, il répondit assez vertement, invoqua la loi
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