Dacie Romaine

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  Revue des Études Anciennes Les derniers travaux des historiens roumains sur la Dacie Marcel Emerit Citer ce document Cite this document : Emerit Marcel. Les derniers travaux des historiens roumains sur la Dacie. In: Revue des Études Anciennes. Tome 41, 1939,n°1. pp. 57-64 ; doi : https://doi.org/10.3406/rea.1939.3025https://www.persee.fr/doc/rea_0035-2004_1939_num_41_1_3025 Fichier pdf généré le 21/04/2018  LES DERNIERS TRAVAUX DES HISTORIENS ROUMAINS SUR LA DACIE Les Roumains ont toujours travaillé avec passion à élucider le problème de leurs srcines. Depuis quelques années, leur ardeur est plus grande que jamais et elle est servie par une connaissance parfaite de l épigraphie et des méthodes critiques appliquées à l histoire. Le chef d école fut Pârvan, qui, à la veille de sa mort prématurée, publia son ouvrage capital, Getica, contenant les résultats de ses longues recherches sur le passé de la Dacie indépendante. Il laissait heureusement beaucoup d élèves qui, formés dans le pays, perfectionnés à l étranger, anciens pensionnaires pour la plupart de l École roumaine de Rome, constituent une remarquable équipe d archéologues et d historiens. De nombreuses revues savantes offrent aux érudits les moyens de publier leurs découvertes 1. Des fouilles considérables ont été faites tant en Transylvanie que sur la côte de Dobrogea. Enfin, une noble émulation entraîne les chercheurs locaux, humbles instituteurs ou curés, qui apportent leur modeste contribution aux archéologues de profession. Nous disposons maintenant de milliers de documents, tant pour l époque préhistorique, dont l étude a fait dans ces quinze dernières années des progrès énormes, que pour l époque du royaume indépendant ou de la province romaine de Dacie. Une mise au point s imposait. Paul Henry, dans un excellent article bibliographique qu a publié la Revue historique de 1935, déplorait à juste titre l absence d une histoire générale satisfaisante de la Roumanie. L ouvrage classique de Xénopol avait bien vieilli2. Les travaux de M. Iorga n étaient encore que les ébauches d une œuvre plus vaste que le savant laissait mûrir. Le livre de Seton Watson3, excellent pour la période contemporaine, traite en six pages seulement l histoire ancienne de la Dacie. Enfin, la Roumanie vient de nous donner les grandes synthèses que nous attendions. 1. Citons, Dacia, fondée par Pârvan, 1 sir os, fondée en 1934 par S. Lambrino, avec la Bibliothèque qui en dépend (cf. Rev. Et. anc, 1938, p. 101), Revista clasica, Buletinul Co- misiunii monumentelor isterice, Bulelinul Societàrii numismatice, Revista pentru istorie, arheologie, fi filosofie, Arta §i Arheologia, Arhivele Olteniei, etc. 2. Histoire elee Roumains de la Dacie Trajane..., parue en français, Paris, 1896, 2 vol. Sa grande histoire en roumain, Istoria romdnilor din Dacia Traianà, avait été rééditée par VlÄdescu (Cartea româneascà, 1914-1930), mais sans corrections suffisantes. 3. Une édition française vient de paraître Histoire des Roumains, de l époque romaine à l achèvement de l Unité, Paris, Les Presses universitaires de France, 1937, in- 8°, 665 p.  58 REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES Au premier plan mettons deux remarquables Histoires des Roumains la première en date est celle du distingué professeur d histoire roumaine à l Université de Bucarest, Constantin C. Giurescu1. La plus récente est celle du président Nicolas Iorga 2. Ces deux historiens ne sont pas toujours d accord et M. Giurescu, qui dirige, avec MM. Panaitescu et Brätianu, la Revista (storica Romana, a critiqué avec apreté le travail de son ancien maître, qui préside à la publication de la Revue historique du Sud-Est européen. L œuvre de C. C. Giurescu est sobre, facile à consulter, pourvue à la fin de chaque chapitre d une bibliographie copieuse. Elle affecte la forme d un gros manuel d enseignement supérieur. L histoire politique, les institutions, l histoire religieuse, le développement économique, la vie intellectuelle sont exposés avec le souci de la concision et de l équilibre. Il est regrettable qu il n y ait pas de références au bas des pages, surtout lorsque l auteur emploie des matériaux inédits. Mais, de place en place, d excellentes cartes permettent de suivre le texte avec aisance. L œuvre de N. Iorga est la « somme » de tout ce qu on peut savoir actuellement sur le passé du pays. C est aussi le bilan de l activité d un savant qui, dans l espace d un demi-siècle, a écrit un millier de volumes et plus de 12,000 articles. Ce prodigieux érudit ne nous offre pas un travail impersonnel, une enumeration d idées courantes, classées dans un Musée solennel et froid. La vie émane de lui et il cherche inlassablement de nouveaux terrains à féconder. Non seulement ses lecteurs trouveront dans son Histoire des Roumains une masse énorme de matériaux ; mais ils y glaneront l indication de sujets d études, des thèmes à développer, des problèmes à résoudre. Ajoutons que l auteur ne reste jamais impassible. Il admire, s indigne ou ironise. Il conçoit un livre comme une bataille. On pourrait souhaiter plus de sérénité dans une grande synthèse ; mais cette passion alimente la curiosité. Bien que n étant pas un spécialiste de la préhistoire, M. Iorga consacre un volume entier à la Dacie préhistorique, où l époque paléolithique n a laissé que des vestiges médiocres ; mais, goûtant peu les hypothèses aventureuses des préhistoriens, telles les déductions du regretté Pârvan qui imaginait d immenses courants commerciaux ré- 1. Istoria Românuor. Bucuresti, Fundaba « Regele Carol II », 1935, in-8° (avec illustrations et cartes). Le tome I (586 p.) est consacré pour moitié à l histoire ancienne. On en prépare la traduction française, mais je ne l ai pas encore reçue. 2. Histoire des Roumains et de la Romanité orientale, publiée sous les auspices de S. M. le roi Charles II par l Académie roumaine. Il en existe une édition en roumain et une autre en français. Mes références se rapportent à cette dernière (Bucarest, 1937, in-8°). Trois tomes concernent l histoire ancienne vol. I, part. I (316 pages), Les ancêtres, avant les Romains ; vol. I, part. II (410 pages), Le sceau de Rome; vol. II, Les maîtres de la terre, jusqu à l an 1000 (425 pages). L édition est très soignée et pourvue de nombreuses illustrations hors texte.  TRAVAUX DES HISTORIENS ROUMAINS SUR LA DACIE 59 pandant en Orient, dès le début du néolithique, le métal précieux de Transylvanie, il relève sa conception d un art spécial de l or chez les Gètes, la précision excessive avec laquelle se trouvent distingués chez lui quatre courants d invasions scythiques et il préfère s en tenir aux conclusions plus prudentes d un spécialiste comme Andriesescu. Passant des vieilles pierres, du silex ou du dolmen, aux textes, M. Iorga renouvelle l histoire des cultes thraces dont il ne sépare pas ceux des Gîtes « immortels ». Zalmoxis, « prophète de la vie infinie », a peut-être créé la plus ancienne religion de salut. Le manichéisme roumain, qui a laissé des traces si curieuses dans la littérature populaire et dans l art, est-il venu de l Iran, dès l Antiquité, par l intermédiaire des Scythes, ou serait-il purement thrace? M. Iorga penche pour cette dernière hypothèse. Il est certain que le pays a de tous temps adoré un esprit du mal, un Dragon, qui, chez les Roumains, est devenu le diable (dracu). Au point de vue juridique, beaucoup de coutumes sont venues aussi du fonds thrace, comme l ont fort bien montré Nädedge, puis G. Forino. En ce qui touche la langue, M. Iorga estime que nombre de mots roumains, considérés comme étant d srcine albanaise, appartiennent plutôt à un rameau issu d une souche thraco-dace plus ancienne. Grâce à lui, le petit peuple skipétar perd peu à peu sa réputation de fournisseur de racines illyriennes, et les Daco-Roumains sont en train de récupérer une partie de leur domaine linguistique. Autant le rôle des Thraces fut prépondérant, autant celui des Cim- mériens, des Scythes et des Sarmates s est exercé d une façon réduite et passagère. Après les Scythes, mélange de pâtres touraniens et de guerriers iraniens, les uns nomades ou transhumants, les autres agriculteurs, les Celtes, arrivés au me siècle avant notre ère par la voie du Danube (et non par-dessus les Carpathes, comme le croyait C. Jullian), ont laissé quelques traces. Beaucoup de villes anciennes de la région danubienne se terminent en dunum. Pârvan, suivi par Giurescu, croyait à l existence d un grand empire celtique. Mais M. Iorga n y voit que des tribus tumultueuses qui n ont jamais pu fonder un État. Les Celtes auraient, toutefois appris aux Thraces la façon d atteler les bœufs par le col. Quant à l influence grecque, elle pénétra d abord par les villes de la côte, notamment Tyras, Histria, Tomi, Caïlatis, Dionysopolis. Au moment de la lutte entre Philippe et Démosthène, il semble bien que la Thrace soit une poussière de petits groupements tiraillés entre l influence de la Macédoine et celle d Athènes. Les Macédoniens, à qui M. Iorga attribue une srcine illyrienne, réussissent, eux, à établir un puissant royaume. D ailleurs, ce qu il appelle d un côté «synthèse gréco- macédonienne » (souf Philippe V et Persée) et de l autre « synthèse
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