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L E C T U R E S Il faut redécouvrir cette œuvre majeure, dont la première édition Maurice Rothnemer anglaise de 1951, revue en 1971, n’a eu sa traduction française qu’en 1973. Certains historiens l’ont utilisée en la parasitant, pour tenter de justifier, au nom d’un passé sombre, le présent d’un capitalisme omnipotent et indépassable. Or Hannah Arendt était, elle, un esprit libre, qui n’était au ser

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  O n a voulu réduire son œuvre àl’étude du totalitarisme. Maissi elle réunit nazisme et stali-nisme sous le concept de totalitaris-me, elle prend grand soin de distin-guer similitudes et différences, dansla réalité concrète et dans l’essencede chacun de ces systèmes. D’autrepart et surtout, c’est «l’impérialisme»qui est au centre de sa réflexion, carc’est lui qu’elle place aux «srcinesdu système totalitaire». Elle penseaussi que l’antisémitisme moderne,dont l’aboutissement fut Auschwitz,est né de l’impérialisme plutôt que duvieil antijudaïsme chrétien. Elle esti-me, en somme, que les monstruosi-tés du XX e siècle sont des «produitsdérivés» de l’impérialisme, dont noussavons aujourd’hui que son potentielde barbarie, quelles qu’en puissentêtre les formes, n’est pas épuisé.Bien des pistes tracées au cours dela recherche aident donc aussi àcomprendre notre présent. SUR L’ANTISÉMITISME Dès la préface, rédigée pour ce volu-me en 1967, Hannah Arendt différen-cie «l’antisémitisme, idéologie laïquedu XIX e siècle, qui n’apparaît sous cenom qu’après 1870, et la haine du juif, d’srcine religieuse...» Elle-mê-me indique que la date n’est pas for-tuite, puisqu’ elle correspond à lanaissance de l’impérialisme. Puis el-le motive ainsi sa recherche :«La question juive et l’antisémitisme,phénomènes relativement peu im-portants en termes de politique mon-diale, devinrent les agents cataly- Il faut redécouvrir cette œuvre majeure, dont la première éditionanglaise de 1951, revue en 1971, n’a eu sa traduction françaisequ’en 1973. Certains historiens l’ont utilisée en la parasitant,pour tenter de justifier, au nom d’un passé sombre, le présentd’un capitalisme omnipotent et indépassable. Or Hannah Arendtétait, elle, un esprit libre, qui n’était au service d’aucune idéolo-gie. Ce qu’elle a écrit mérite plus de considération que ce qu’onlui a fait dire. En cherchant à expliquer une période tragique, ellebouscule nombre d’idées reçues et nous aide à comprendre.Même si l’on sait que de nombreuses archives ont été déchif-frées depuis, dont elle n’avait pu avoir connaissance. Mêmelorsqu’on n’est pas convaincu par certaines de ses conclusions. Maurice Rothnemer CARRÉ ROUGE N° 13 / FEVRIER 2000 / 83 L E C T U R E S Les srcines du totalitarisme par Hannah ArendtEd.du Seuil (coll.Points-Politique) , 3 parties : «Sur l’antisémi-tisme» ; «L’impérialisme» ; «Le système totalitaire»  seurs d’abord de la montée du mou-vement nazi et de l’organisation duTroisième Reich, puisque chaque ci-toyen dut prouver qu’il n’était pas juif,puis d’une guerre mondiale d’une fé-rocité sans équivalent, enfin d’un cri-me de génocide sans précédent ac-compli au sein de la civilisation occi-dentale. Il me sembla évident queces phénomènes appelaient nonseulement la lamentation et la dé-nonciation mais aussi une explica-tion.»Elle indique ensuite les limites qu’elleassigne à son travail et nous permetdu même coup de saisir le sens pro-fond de sa démarche :«L’histoire complète de l’antisémitis-me reste encore à écrire et dépasseles limites de ce livre. Cette lacune justifie, tant qu’elle existe, la publica-tion des chapitres qui suivent et quise veulent une contribution indépen-dante à une histoire plus complète,bien qu’à l’srcine ils aient été conçuscomme une partie de la préhistoire,pour ainsi dire, du totalitarisme.»«L’apparition des premiers partis an-tisémites dans les années 1870 et1880 marque le moment où la baseconcrète et limitée des conflits d’inté-rêts est dépassée et où s’ouvre laroute qui se terminera par la “solutionfinale”. A partir de ce moment, c’est àdire à l’époque de l’impérialisme, sui-vie par la période des mouvementset des régimes totalitaires, il n’estplus possible de séparer la question juive ou l’idéologie antisémite dequestions presque sans aucun rap-port, en fait, avec la réalité de l’histoi-re juive moderne... L’antisémitismelui-même servait maintenant àd’autres buts qui, tout en exigeant fi-nalement les Juifs comme victimesprincipales, dépassaient de loin lesproblèmes des juifs et des antisé-mites.» LES JUIFS ET L’ETAT-NATION Pour donner corps à ces affirma-tions, Hannah Arendt établit un pa-rallèle entre l’évolution des Etats-Na-tions et le rôle des Juifs. S’y ados-sant au cours de son ascension, ils lesuivront dans sa déchéance.Aux XVII e et XVIII e siècles, les mo-narchies absolues commençent àdévelopper des Etats-Nations. LesJuifs de Cour (dont le cénacle s’élar-gira à des groupes plus importants)serviront de financiers aux Princes,les bourgeoisies nationales ayantchoisi l’investissement privé et refu-sé de participer financièrement à desentreprises «improductives». Pourcompenser les risques encourus,des privilèges leur furent accordés.Le plus grand des privilèges étantl’égalité, elle leur fut donnée d’abordpar la Révolution française (1) puiségalement, avec l’affermissementdes Etats-Nations, en Prusse et enAutriche. A noter que les Juifs deBerlin empêchèrent alors l’afflux desJuifs pauvres des provinces orien-tales. Pour les mêmes raisons, lesJuifs de Bordeaux et d’Avignon pro-testèrent contre le décret accordantl’égalité aux Juifs pauvres de l’Est .L’expansion impérialiste bouleversaces rapports : les bourgeoisies natio-nales avaient désormais besoind’une intervention de l’ Etat, qui parailleurs avait constitué, notammentpar le monopole des armements, unsecteur économique particulière-ment intéressant. Pour les financiers juifs, cela signifiait une concurrencenouvelle et un déclin inexorable.Mais ils gardèrent un atout, jusqu’aumilieu du XIX e siècle , lorsque laguerre visait à changer l’équilibreexistant, non à supprimer l’adversai-re : «Sans territoire, sans gouvernementpropre, les Juifs avaient toujoursconstitué un élément inter-euro-péen... Même lorsque l’utilité écono-mique des Juifs déclina, leur positioninter-européenne resta très impor-tante pour l’Etat, en cas de guerreset de conflits internationaux.» «[…] Les Juifs avaient eu leur utilité[…] aussi longtemps que chacuncherchait, pendant la guerre, à pré-server volontairement les chancesde la paix, et recherchait une paix decompromis […] Dès l’instant où lesguerres eurent pour but l’annihilationtotale de l’ennemi, et que l’expres-sion “la victoire ou la mort” tint lieud’objectif déterminant, le recours àl’entremise des Juifs n’avait plus deraison d’être.»«La communauté juive occidentalese désintégra en même temps quel’Etat-nation, dans les quelques di-zaines d’années qui précédèrent laPremière Guerre mondiale... Dansun monde impérialiste, la richessedes Juifs avait perdu toute son im-portance […] Le Juif européen cos-mopolite devint un objet de haineuniversellle en raison de sa richesseinutile, et un objet de mépris parce-qu’il n’avait plus aucun pouvoir.»A quel point l’Etat a pu être considérépar les Juifs comme un protecteur,Hannah Arendt en donne unexemple frappant : dans les der-nières années de la République deWeimar, ils fondèrent (avecquelques non-Juifs) un parti bour-geois qu’ils appelèrent «parti del’Etat»! Ils n’avaient, semble-t-il, nul-lement conscience que cet attache-ment allait se retourner contre eux :«Chaque classe de la société qui, àun moment ou à un autre, entrait enconflit avec l’Etat devenait antisémiteparce que les Juifs étaient le seulgroupe social qui semblât représen-ter l’Etat.»Une importante exception est faite àcette généralisation : 84/ CARRÉ ROUGE N° 13 / FEVRIER 2000 L E C T U R E S  «La seule classe qui se révéla à peuprès imperméable à la propagandeantisémite fut la classe ouvrière, ab-sorbée dans la lutte de classe, qui in-terprétait l’histoire à la lumière dumarxisme, et n’entra jamais en conflitdirect avec l’Etat, mais seulementavec une autre classe sociale, labourgeoisie. Or les Juifs ne repré-sentaient sûrement pas la bourgeoi-sie, ils n’en constituèrent jamais unepartie importante.» SCANDALES FINANCIERS,PETITS-BOURGEOIS ETPARTIS ANTISÉMITES Une série de scandales impliquantnombre de parlementaires et de per-sonnages officiels marqua les vingtdernières années du XIX e siècle. Leplus connu fut celui du canal de Pa-nama. «Ils serviront de toile de fond à l’ap-parition simultanée de l’antisémitis-me en tant que facteur politique im-portant, en Allemagne, en Autriche eten France... Bien que pas une seulemaison juive ne fît fortune dans l’af-faire de Panama [...] la petite bour-geoisie devint alors brusquement an-tisémite. Elle fut plus durement frap-pée qu’aucun des autres groupes,car elle avait investi de petitesépargnes individuelles, qui étaient ir-rémédiablement perdues. Sa créduli-té s’explique par bien des raisons.L’expansion capitaliste intérieuretendait à faire disparaître les déten-teurs de petits capitaux; il leur fallaitfaire fructifier rapidement le peuqu’ils avaient, sous peine probable-ment de tout perdre. C’était pour euxune question de vie ou de mort. Ilssavaient que s’ils ne se hissaient pas jusqu’à la bourgeoisie, ils risquaientde sombrer dans le prolétariat.»Pourquoi rendre les juifs respon-sables de leur ruine ? Parce quel’image du banquier et du juif coïnci-daient, comme semblait le confirmerl’histoire mythique des Rothschild.Plus précisément :«Pour le petit boutiquier, le banquiersemblait être un exploiteur, au mêmetitre que le grand industriel pour l’ou-vrier. Mais tandis que les ouvrierseuropéens, savaient, grâce à leur ex-périence et à leur formation écono-mique marxiste, que le capital les ex-ploitait tout en leur donnant la possi-bilité de produire, le petit boutiquier,lui, n’avait trouvé personne pourl’éclairer sur son sort économique etsocial.»«Frédéric Engels a fait observer un jour que les protagonistes de l’anti-sémitisme de son époque étaient lesaristocrates, la populace petite-bour-geoise déchaînée jouant le rôle duchœur. On peut en dire autant, outrel’Allemagne, des chrétiens sociauxd’Autriche et des antidreyfusardsfrançais. Dans chaque cas, l’aristo-cratie menait une lutte désespérée,qui était la dernière... La populace neservait qu’à amplifier ses clameurs età renforcer sa position. Manifeste-ment, l’aristocratie ne voulait pas, etne pouvait pas organiser cette popu-lace, et était prête à l’abandonneraussitôt son but atteint. Mais elle dé-couvrit que les slogans antisémitespossédaient un extraordinaire pou-voir mobilisateur auprès de vastescouches de la population.»(2)En 1886 fut créé en Allemagne la«Deutsche Antisemitische Vereini-gung» qui se voulut d’emblée «au-dessus des partis». Jusque-là,«seuls l’Etat et le gouvernementavaient prétendu être au-dessus despartis, de toutes les classes, et re-présenter la nation dans son en-semble.» Hannah Arendt en déduitune volonté hégémonique : «déjàl’antisémitisme était un instrumentdestiné à liquider, non pas simple-ment les Juifs, mais aussi la structu-re politique de l’Etat-nation. La re-vendication de ces partis antisémitescoïncida, et ce n’est pas par hasard,avec les débuts de l’impérialisme.»Autre caractéristique des nouveauxpartis antisémites : une organisationsupranationale. En 1882 s’était déjàtenu à Dresde le premier congrès an-tijuif international, réunissant 3000délégués d’Allemagne, Autriche-Hongrie et Russie. Une «alliance an-tijuive universelle» fut créée par lasuite. L’apparent paradoxe de partisultra nationalistes s’organisant àl’échelle européenne est décryptéede la manière suivante :«Les Juifs étaient, à coup sûr, le seulélément européen dans une Europedivisée en nations. Il semblait lo-gique que leurs ennemis s’organi-sent selon le même principe, s’ils en-tendaient combattre des gens quiétaient censés manipuler en secretles destinées politiques de toutes lesnations.»Le réel paradoxe est plutôt du côtédes mouvements socialistes, dontl’Internationale «ne découvrit jamaisle moyen de faire de cette idée unconcept opératoire dans un monded’Etats souverains. […] plus préoc-cupés de problèmes intérieurs, ilss’accomodaient bien mieux de l’Etat-nation que les antisémites.» Ce«désintérêt» pour une véritable soli-darité internationale est peut-être àchercher dans une certaine conni-vence des mouvements ouvriers na-tionaux avec leur propre impérialis-me :«Ils professaient une indifférence àla politique étrangère qui était poureux une sorte de protection à la foiscontre la participation active à la poli-tique impérialiste de leurs pays res-pectifs ou à la lutte contre elle. En cequi concerne les intérêts écono-miques, il était bien évident qu’encas de chute des Empires hollan- CARRÉ ROUGE N° 13 / FEVRIER 2000 / 85 L E C T U R E S  dais, britannique ou français, chaquehabitant de la métropole en subiraitles conséquences, et non seulementles capitalistes et les banquiers.»«[…] la situation particulière desJuifs en tant qu’élément européenaurait pu servir les buts du fédéralis-me socialiste au moins aussi bienqu’elle servit les sinistres machina-tions des supra-nationalistes. Maisles socialistes portaient tant d’atten-tion à la lutte de classes et si peu auxconséquences politiques de leurpropre héritage doctrinal qu’ils nes’aperçurent de l’importance poli-tique de la question juive qu’au mo-ment où l’antisémitisme en plein es-sor était déjà pour eux un dangereuxconcurrent sur la scène politique in-térieure […] ils laissèrent le champlibre aux supra-nationalistes, quisemblèrent, de ce fait, les seuls àposséder la réponse au problèmesmondiaux.»L’affaire Dreyfus fut, pour les socia-listes français, l’occasion d’une prisede conscience, surtout depuis queles cléricaux eurent rejoint l’aristo-cratie militaire dans le camp antisé-mite. Jusque-là, un certain antisémi-tisme de gauche s’alimentait notam-ment de la politique des Rothschildqui, après avoir financé les Bourbonspuis Louis-Philippe, s’épanouirentsous Napoléon III. Mais pour HannahArendt, «l’Affaire» appartient encoreau XIX e siècle, même si «on a l’im-pression d’assister […] à une gigan-tesque répétition générale d’une re-présentation qui fut retardée de plusde trente ans. Lorsque, après la dé-faite de 1940, l’antisémitisme fran-çais connut sa grande heure avec legouvernement de Vichy, il était défi-nitivement devenu désuet […] Il n’eutaucune influence sur la formation dunazisme […] La raison principale estque les partis antisémites français,violents sur le plan national,n’avaient aucune ambition suprana-tionale. […] parce-que la Francen’eut jamais de véritable parti impé-rialiste.»C’est en Allemagne, et surtout enAutriche qu’on trouve les véritablespartis antisémites modernes, sous laforme de deux mouvements concur-rents. Lueger, dirigeant des chré-tiens-sociaux, devint maire de Vien-ne en 1890. Son antisémitisme chau-vin, curieusement, concernait la seu-le intelligentsia. Sa pratique du gou-vernement de Vienne épargna leshommes d’affaires juifs, à un tel pointqu’ils purent considérer ces annéescomme «une sorte d’âge d’or pourles Juifs.»Bien plus rigoureux était le mouve-ment concurrent, le parti «Alldeut-schen», dirigé par Schönerer. Sonantisémitisme, d’abord dirigé pres-qu’exclusivement contre les Roth-schild (ce qui lui gagna les sympa-thies du mouvement ouvrier), setransforma vite en «une idéologiepangermaniste qui devait influencerle nazisme plus que toute autre va-riété allemande d’antisémitisme... Ilvoulait une réorganisation révolution-naire de l’Europe centrale, dans la-quelle les Allemands d’Autriche, al-liés aux Allemands d’Allemagne etrenforcés par eux, deviendraient lepeuple dominant, une Europe cen-trale dans laquelle les autres peuplesseraient réduits à une sorte de demi-servitude, à l’image des nationalitésslaves d’Autriche.» Une «véritableidéologie impérialiste», disponiblevingt ans plus tard, lorsque la Pre-mière Guerre mondiale aura fait desmillions de morts, de mutilés, et livrédes millions d’autres à la misère, audésespoir et aux charognards.Le début du siècle avait vu la forma-tion d’une intelligentsia juive, rom-pant avec les carrières liées à l’ar-gent. En Allemagne et en Autriche, le journalisme, l’édition, la musique, lethéâtre permirent à de nombreuxJuifs «d’être les représentants decette société internationale auxcontours flous, dans laquelle les pré- jugés nationaux ne semblaient plusavoir cours […] Cette fausse citoyen-neté du monde de toute une généra-tion, cette nationalité fictive dont ilsse réclamaient dès qu’était mention-née leur srcine juive, annonçait déjàces passeports qui, plus tard, allaientpermettre à leur titulaire de séjournern’importe où, excepté dans le paysd’émission.» (3)Ces représentants symboliquesd’une société internationale devaientdevenir «objets de haine pour tousceux que la société rejetait.» L’IMPÉRIALISME Elle rend hommage aux «brillantesrecherches» de Rosa Luxemburg(L’accumulation du capital) et cite leCapital financier d’ Hilferding : «So-cialement parlant, l’expansion estune condition vitale pour la préserva-tion d’une société capitaliste; écono-miquement parlant, c’est la conditiondu maintien et de l’augmentation mo-mentanée du taux de profit.» Ellementionne aussi Lénine. Mais c’estde sa conception bien personnellede l’impérialisme qu’il convient de ré-sumer certains traits srcinaux .«1884-1914 : ces trois décennies au-ront marqué la séparation entre leXIX e siècle, qui s’acheva dans laruée vers l’Afrique et vit naître le pan-germanisme et autres mouvementsannexionnistes, et le XX e siècle quicommença avec la Première Guerremondiale... c’est le temps de l’impé-rialisme […] L’impérialisme naquitlorsque la classe dirigeante détentri-ce des intruments de production ca-pitaliste s’insurgea contre les limita-tions nationalistes imposées à sonexpansion économique...» 86/ CARRÉ ROUGE N° 13 / FEVRIER 2000 L E C T U R E S
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