La Poesie Lyrique Des Troubadours

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Poésie Troubadouresque

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  HAL Id: hal-00363416https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00363416v2 Submitted on 12 Mar 2009 HAL  is a multi-disciplinary open accessarchive for the deposit and dissemination of sci-entic research documents, whether they are pub-lished or not. The documents may come fromteaching and research institutions in France orabroad, or from public or private research centers.L’archive ouverte pluridisciplinaire  HAL , estdestinée au dépôt et à la diusion de documentsscientiques de niveau recherche, publiés ou non,émanant des établissements d’enseignement et derecherche français ou étrangers, des laboratoirespublics ou privés. La poésie lyrique des troubadours. Musique, poésie,contexte Christelle Chaillou To cite this version: Christelle Chaillou. La poésie lyrique des troubadours. Musique, poésie, contexte. Annales de Vendée,2009, pp.139-157. <hal-00363416v2>   1 Christelle CHAILLOU CESCM de Poitiers  La poésie lyrique des troubadours.  Musique, poésie, contexte Contexte En Occident, les troubadours ont été les premiers représentants de la  fin’amor   ou amour courtois et leurs chansons les premières traces écrites d’une tradition musicale employant une langue romane. La tradition troubadouresque couvre deux siècles de production. Les chansons de Guillaume IX d’Aquitaine (1071-1126) sont les premières qui ont été écrites, c’est pour cette raison qu’il est communément admis comme le premier des troubadours. Le déclin de ce courant est amorcé dès le début du XIII e  siècle avec la Croisade albigeoise (1209). Les cours du Nord se rapprochent du roi de France et la division de celles du Sud accélère l’unification du royaume. Après la Croisade albigeoise, les troubadours sont de plus en plus nombreux à s’exiler dans les cours du Nord de l’Italie et de Catalogne où ils reçoivent un accueil très favorable. Guiraut Riquier est considéré comme le dernier des troubadours (…1230-1292…), soulignant ainsi la fin d’une tradition poétique occitane et le début de l’âge d’or de l’Italie et de la Catalogne qui se sont faites héritières du savoir et du savoir-faire des troubadours 1 . Les limites géographiques du monde des troubadours sont à mettre en parallèle avec la délimitation de l’espace linguistique occitan. Le domaine des troubadours s’étend également en Catalogne et au Nord de l’Italie où la langue de composition était l’occitan. Les chansons de Guillaume IX représentent les premières sources musicales écrites utilisant une langue autre que le latin.   Ce phénomène est significatif d’une langue dont la maturité est telle qu’elle peut rivaliser avec le latin dans une utilisation artistique. L’art des troubadours porte donc une revendication identitaire et culturelle et on comprend aisément pourquoi le roi de France a voulu entériner cette tradition. Deux principales théories peuvent être évoquées pour expliquer l’apparition des troubadours en Occitanie : l’influence arabe et la réforme du mariage. Au siècle précédent 1 Dante Alighieri fut un fervent admirateur de la poésie des troubadours qu’il considérait comme la plus subtile. Il l’évoque notamment dans  De vulgari eloquentia .     2 l’apparition des premiers troubadours, l’Eglise réforme le mariage pour réinstaurer des valeurs morales et son autorité. Le mariage devient un pacte social protégeant les biens et les pouvoirs et dénué de sentiments amoureux 2 . Pour continuer à aimer, la noblesse du Sud de la France réinvente l’amour sous la forme de la  fin’amor   ou amour courtois. L’influence arabe est également attestée et Guillaume IX avait notamment dans sa cour des conteurs et des chanteurs arabes. La  fin’amor   présente des points communs avec la poésie d’al-Andalus comme le  joy , le chagrin d’amour, le secret gardé par le seigneur ou la courtoisie 3 . Cependant, la soumission féodo-vassalique envers la dame aimée est un trait caractéristique de la poésie troubadouresque 4 . Fin’amor, trobar et oralité L’amour courtois existe obligatoirement dans l’adultère et, contrairement au pacte marital, les amants se choisissent. Pour déjouer le mécontentement de l’Eglise, l’amour corporel est sublimé pour laisser place, pour les plus habiles, à un amour cérébral. La femme doit toujours être plus fortunée que l’amant afin d’éviter les rumeurs d’intérêts autre que les sentiments amoureux. L’amour courtois fait appel à la notion de  joy  que René Nelli définit comme « la joie de désirer » et « le plaisir d’être amoureux » 5 . Le troubadour doit être dévoué corps et âme à sa dame qui peut lui demander d’accomplir tout ce qu’elle demande. La soumission de l’amant envers la dame se rapproche de celle du vassal envers son seigneur et le vocabulaire courtois emprunte parfois celui de la féodalité. Ainsi, la haute société instaure un rapport fictif entre la dame, l’amant (le chevalier-poète) et le mari. A travers ce trio, le troubadour, représentant l’amant, voue la dame pour avoir peut-être la chance qu’elle lui accorde son amour. Cette passion amoureuse qui anime le troubadour va lui permettre de se surpasser. Elle peut constituer la razo , soit la « matière » de ses chansons et conditionne la subtilité de son art. Celui qui n’aime pas ne peut pas chanter l’amour. Troubadour vient du verbe occitan trobar  . Le troubadour est celui qui « trouve » avec une grande habilité car il est capable de mêler judicieusement mot et son dans sa chanson. Une des conditions essentielles pour être considérer comme un troubadour est d’employer la langue d’Oc. Ainsi, les troubadours se distinguent des trouvères qui composent en langue d’Oïl et qui surviennent environ soixante-dix ans après les premiers troubadours. Le courant troubadouresque s’étendit également en Allemagne, avec les  Minnesänger   et dans le domaine galégo-portugais avec les trovadores . Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas des saltimbanques mais des érudits qui maîtrisent l’art du discours. Ils sont généralement issus de la noblesse 6 , de la bourgeoisie, du clergé 7  ou de la 2  Voir George Duby,  Mâle Moyen Âge, De l’Amour et d’autres essais , Paris, Flammarion, 1996, p. 30-31. 3  Martin Aurell, « Fin’amor, wadd et féodalité dans la poésie lyrique des troubadours »,  L’espace lyrique méditerranéen , Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2006, p. 86. 4    Ibid  . 5  René Nelli,  L’érotique des troubadours , Toulouse, Privat, 1997, p. 85. 6  Guillaume IX d’Aquitaine, Alphonse d’Aragon… 7  Par exemple Le Moine de Montaudon ou l’évêque Folquet de Marseilha.   3 chevalerie 8 . L’art des troubadours constitue la première musique de cour. De grands mécènes comme Aliénor d’Aquitaine et ses enfants, Richard Cœur de Lion et Marie de Champagne, ont permis à l’art des troubadours d’être promulgué dans les cours du Nord de la France, d’Occitanie et d’Angleterre. A cette époque, composer des chansons se fait avant tout oralement. La composition musicale par écrit n’interviendra qu’à partir du XIV e  siècle et ne se généralisera qu’avec l’imprimerie. Il nous faut donc distinguer clairement l’activité d’écriture, consistant essentiellement aux XII e  et XIII e  siècles à la consignation du savoir, et l’activité de création effectuée indépendamment de l’écriture. Le façonnement mental des chansons est actuellement une question ouverte car la prise en compte de l’oralité dans lequel le troubadour évolue lorsqu’il fait ses chansons est une problématique récente, surtout dans l’étude des mélodies 9 . Concernant la transmission du répertoire et le fait que des chansons aient été consignées dans toute l’Europe, il semble que la diffusion orale, le « bouche à oreille » était un moyen efficace de diffuser son talent et de faire parler de soi. Dans ce périple de la tradition orale, les chansons eurent parfois la chance d’arriver jusqu’à l’oreille d’un scribe. Le vocabulaire employé par le troubadour souligne cette réalité : il demande très souvent l’écoute du public (« Ecoutez-moi »), que l’on entende sa chanson pour ensuite la dire à autrui pour qu’elle puisse avoir la chance d’arriver jusqu’au seigneur dont on aspire la protection. Ce mode de diffusion ne peut être accepté comme exclusif car il est possible que des feuilles de parchemin aient pu circuler.  Les chansonniers : la consignation d’un savoir et d’un savoir-faire Les chansonniers sont la consignation tardive d’un savoir car ils sont postérieurs aux dates effectives des troubadours. Ils ont été élaborés du début du XIII e  siècle jusqu’au début du siècle suivant. Quelques écrits subsistent également du XV e  siècle 10 . Les premiers recueils ont donc été écrits plus d’un siècle après l’apparition des premiers troubadours, au moment ou la  fin’amor   commence à décliner. Les traités sur la manière de trouver des chansons datent également de cette époque 11 . Les chansonniers ne rassemblent pas l’intégralité des chansons composées durant les XII e  et XIII e  siècles, mais celles qui ont survécues à la tradition orale. Ainsi, il ne nous reste qu’une partie de cet art pouvant être assujetti à une esthétique en rapport avec le lieu de consignation. Les chansonniers sont principalement d’srcine italienne, occitane, 8  Pons de Capduoill 9  Le philologue Paul Zumthor fut l’un des premiers chercheurs à encourager les études musicologiques dans ce sens, les musicologues ne s’intéressant que très peu à la lyrique des troubadours car leur musique était  jugée simpliste et primitive. Les recherches en la matière ont donc été victimes des théories positivistes du XX e  siècle et du cloisonnement des disciplines, cloisonnement qui tend à se rompre actuellement. 10  Magdalena León Gómez, « Les chansonniers provençaux », Europe , juin-juillet 2008, n°950-951, p. 32. 11  Les traités sont d’srcine catalane, occitane et italienne et ne mentionnent que très rarement la musique :  Razos de trobar de Raimon Vidal de Besalù (ca 1200),  Donatz proensals  d’Uc Faidit (ca 1240),  Doctrina d’acort de Terramagnino Da Pisa (1282-1296),  Regles de trobar   de Joffre de Foixa (ca 1290),  De vulgari eloquentia  de Dante (1303-1305),  Leys d’amors  de Guilhem Molinier (1332-1356).
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