Codou et al. 2015: CODOU (Y.), HEIJMANS (M.), MOLINER (M.), PÉDINI (C.) Codou et al. 2015 : Codou et al. 2015 : CODOU (Y.), HEIJMANS (M.), MOLINER (M.), PÉDINI (C.) – – Les sarcophages de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Age en Prov

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Codou et al. 2015: CODOU (Y.), HEIJMANS (M.), MOLINER (M.), PÉDINI (C.) – Les sarcophages de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Age en Provence. In, CARTRON (I.), HENRION (F.), SCUILLER (Chr.), (textes réunis par). Les sarcophages de l’Antiquité

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  Les sarcophages de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge en Provence Yann Codou, Marc Heijmans, Manuel Moliner, Cécilia Pédini La carte que nous présentons n’est qu’un aperçu très incomplet des sarcophages qui ont pu être répertoriés dans un pré-inventaire réalisé à l’occasion du colloque de Bordeaux  1 . Si notre région est loin d’être dépourvue de pièces, elle n’a pas donné lieu à un travail de synthèse. Ce sont essentiellement les sarcophages en marbre, comportant des décors chrétiens, attribuables en général au IV  e  s., qui sont soit des pièces importées, soit des pièces dites de “l’école arlésienne”, qui ont attiré l’attention.Les données de datations restent le problème majeur. Même lorsque ces tombeaux sont en relation avec un lieu de culte, rares sont les sarcophages pour lesquels on peut avancer une datation. De plus, cette datation repose souvent soit sur le mobilier présent dans la sépulture, soit dans la datation au 14 C, ce qui reste quelque chose de fragile du fait d’un possible réemploi. L’usage du réemploi est attesté très souvent ; on peut l’illustrer par l’exemple du site de La Gayole (cne. de La Celle, 83) où un sarcophage décoré en marbre daté du III e  s. porte une épitaphe de la fin du  V  e -début  VI e  s. C’est aussi ce que sous-entend la Vie de Césaire d’Arles qui précise qu’il a fait tailler des sarcophages – noviter   – pour les religieuses du monastère qu’il a fondé.L’étude de la carte montre une inégale répartition régionale (fig. 1). Cela peut être lié partiellement à l’activité de la recherche archéologique. Cela est bien illustré par la plus ou moins grande densité d’informations publiées dans les Cartes Archéologiques de la Gaule (la partie occidentale du territoire étant plus étudiée que les parties orientale et septentrionale). Néanmoins, il ne semble pas que cet état de fait soit suffisant pour expliquer les diversités de situations, il peut seulement l’amplifier.Cette répartition inégale ne va pas se retrouver entre monde urbain et monde rural. On ne peut pas y voir d’écart remarquable. L’écart numérique constaté s’explique avant tout par les écarts dus à la densité des foyers de populations. Ainsi, nous trouvons des sarcophages assez bien représentés dans des espaces ruraux proches des cités où des nécropoles à sarcophages ont été reconnues, telles Arles et Marseille, cas illustrés par des cartes spécifiques. À l’inverse les cités de Provence orientale telles Fréjus, Antibes, Vence, Cimiez et le port de Nice, ainsi que de Provence alpine – Embrun, Digne, Gap, Glandèves, Senez, Sisteron – sont remarquables par la pauvreté des exemples fournis. L’inégale répartition doit trouver plusieurs explications finalement assez simples et parfois convergentes pour un même site. On a tout d’abord les aptitudes géologiques qui doivent être prises en compte. Ainsi, la Provence occidentale offre des roches plus aisées à tailler (en particulier de la molasse burdigalienne) à l’inverse 1- En l’état, le préinventaire réalisé à l’occasion du colloque de Bordeaux, qui a pris en compte même des pièces isolées, voire des fragments, donne la répartition suivante par départements : 3 sites pour les Alpes-Maritimes, 19 sites pour les Alpes-de-Haute-Provence, 22 sites pour les Bouches-du-Rhône, 1 site pour les Hautes-Alpes, 8 sites pour le Var, 28 sites pour le Vaucluse.  174  Y   ANN  C ODOU   ET     AL .     É   l   é   m   e   n   t   s   s   o   u   s   d   r   o   i   t   d   ’   a   u   t   e   u   r  -   ©   A   q   u   i   t   a   n   i   a   j    a   n   v   i   e   r   2   0   1   5 ——— Fig. 1. Provence : carte de répartition des ensembles funéraires comportant des inhumations en sarcophages, Antiquité tardive – haut Moyen Âge (Y. C.). ———————  L  ES   SARCOPHAGES   DE   L  ’A  NTIQUITÉ   TARDIVE   ET   DU   HAUT  M OYEN  Â  GE   EN  P ROVENCE  175     É   l   é   m   e   n   t   s   s   o   u   s   d   r   o   i   t   d   ’   a   u   t   e   u   r  -   ©   A   q   u   i   t   a   n   i   a   j    a   n   v   i   e   r   2   0   1   5 du calcaire froid que l’on va rencontrer dans la zone du Var ou des Alpes-Maritimes. Ces données géologiques se retrouvent à travers le témoignage d’un autre type de sépulture, qui par bien des aspects rejoint la problématique des sarcophages, il s’agit des tombes rupestres. Certes, cette situation ne vaut que pour la fin de l’Antiquité ou le haut Moyen Âge ; si on se tourne vers l’Antiquité, on peut trouver au sein du département des Alpes-Maritimes des sarcophages taillés localement dans un calcaire froid, production qui cesse par la suite. La disparition de ce type de production ne trouve, en l’état, que des explications en relation avec l’outillage, les capacités techniques.Un autre élément d’importance est les facilités de transport. Cela se saisit pour Arles et Avignon avec le Rhône ou Marseille, ville portuaire majeure. Le transport fluvial et maritime a dû jouer un rôle 2 . Néanmoins, un tel argument n’est pas totalement pertinent si on évoque, ce que l’on vient de souligner, des villes portuaires comme Antibes ou Nice qui ne recèlent pas, ou peu, de sarcophage. Il est probable que ce transport se faisait que sur des distances réduites, comme cela semble être le cas pour les sarcophages diffusés dans la région marseillaise à partir des carrières de la Couronne. On signalera des situations srcinales à Riez et secondairement à Digne. Dans le cas de la cité de Riez, on conserve plusieurs sarcophages dont la cuve est composée de deux demi-cuves reliées entre elles (avec des variations dans la forme soit parallélépipédiques soit anthropomorphes). Cette composition de la cuve en deux morceaux peut s’expliquer par des raisons de transport et dans d’autres cas par le réemploi de blocs.Un autre élément peut intervenir dans cette répartition : les disponibilités économiques des acquéreurs. On le saisit à travers certains sites ruraux où, au IV  e  s., se rencontrent des pièces importées de qualité exceptionnelle (le cas le plus remarquable étant le mausolée de Saint-Maximin, 83). Cette situation doit se maintenir, au moins partiellement, dans les siècles suivants. Ainsi, dans le milieu rural certains sites s’imposent comme des sites importants alors qu’autour d’eux on rencontre un vide, au moins partiel (c’est par exemple le cas de Salagon, cne. de Mane, 04).  Au-delà des localisations géographiques, il convient de souligner que l’inhumation en sarcophage est rarement exclusive et côtoie d’autres types d’inhumations. Pour ce qui est de la typologie, de façon simplificatrice, dans les séries de sarcophages ce sont les formes parallélépipédiques qui paraissent les plus anciennes avec des couvercles tectiformes ornés d’acrotères, cela sans doute dès le IV  e  s., on les trouve encore bien représentés au  VI e  s. ; (Saint-Victor de Marseille, 13 ; Ménerbes, 84 etc.). Par la suite l’évolution conduit à des cuves trapézoïdales (Rustrel, 84 ; Beaumes-de-Venises 84 ; Saint-Ruf d’Avignon, 84 etc.). Les couvercles voient leurs acrotères se réduire ou disparaître. De même, la pente se réduit aussi et se diffusent des couvercles monolithes plats. À  Vénasque (84), nous possédons un couvercle bien daté du tout début du  VII e  s., exceptionnel par son décor et son inscription, plat et de forme trapézoïdale correspondant à la sépulture de l’évêque Boetius (mort en 604). Ponctuellement, s’observent des couvercles bombés de profil semi-circulaire. Les aménagements internes des cuves ont donné lieu à trop peu de remarques pour que l’on puisse avancer en l’état des considérations pertinentes pour une chrono-typologie. Il reste que dans les évolutions, on voit se développer les encoches céphaliques. On observe aussi le développement de réemplois de blocs en particuliers pour des sépultures d’enfants (tel le sarcophage découvert à Saint-Pierre de Vence (Eyguières, 13) qui a été taillé dans une stèle et comportait du mobilier des  VI e -  VII e  s., ou encore les sarcophages découverts à Orange et taillés dans des blocs architecturaux).Pour ce qui est des ateliers, le dossier marseillais et l’étude des carrières dites “de la Couronne” permettent de saisir une diffusion des sarcophages à partir d’un site de production (fig. 2). Les sarcophages issus de ces carrières sont très présents dans les lieux de culte suburbains de la cité (Saint-Victor, La Bourse, rue Malaval), et se trouvent diffusés dans des territoires ruraux proches (La Ciotat, Gémenos, Roquevaire). À la rue Malaval, 63 sarcophages ont été découverts. Ils sont répartis dans et autour de l’église funéraire. L’étude de leurs 2- Certes, certains fleuves n’étaient sans doute pas très adaptés au transport, du fait du relief très marqué ou du faible débit, comme par exemple le fleuve Var.  176  Y   ANN  C ODOU   ET     AL .     É   l   é   m   e   n   t   s   s   o   u   s   d   r   o   i   t   d   ’   a   u   t   e   u   r  -   ©   A   q   u   i   t   a   n   i   a   j    a   n   v   i   e   r   2   0   1   5 ——— Fig. 2. Marseille, principales nécropoles, époque paléochrétienne ( IV e - VII e  s.). ———————  L  ES   SARCOPHAGES   DE   L  ’A  NTIQUITÉ   TARDIVE   ET   DU   HAUT  M OYEN  Â  GE   EN  P ROVENCE  177     É   l   é   m   e   n   t   s   s   o   u   s   d   r   o   i   t   d   ’   a   u   t   e   u   r  -   ©   A   q   u   i   t   a   n   i   a   j    a   n   v   i   e   r   2   0   1   5 dimensions met en évidence une certaine standardisation dans leur fabrication et peuvent être considérées comme des pièces “produites en série”. Les cuves sont de forme quadrangulaire et comportent des couvercles en bâtière ornés de six acrotères en calcaire rose de La Couronne (Martigues, Bouches-du-Rhône). L’étude technique portant sur les pièces entières a permis de mettre en évidence une grande partie des modalités de production de ces sarcophages. Les différences de qualités de matériau observées sur la cuve et le couvercle d’un même sarcophage ainsi que la variation modulaire qui parfois les affecte tendent à indiquer que cuve et couvercle sont extraits indépendamment l’un de l’autre. Cela semble signifier que le vendeur a un stock de pièces qu’il assemble au mieux au gré des ventes et qu’il se trouve, à un moment donné, face à un manque d’éléments de gabarits similaires.Il est probable que l’atelier soit aménagé à même la carrière, peut-être sous le patronage d’un important atelier marseillais. Les cuves et les couvercles sont tous travaillés de manière identique, probablement selon un même programme, déterminé dans les grandes lignes, mais laissant vraisemblablement le choix de la technique de taille aux tailleurs de pierre (layée oblique ou en chevrons). Ces derniers semblent travailler sans gabarits, en procédant au préalable à des tracés de délimitation. Une fois le bloc extrait, on parvient assez difficilement à déterminer si, dans le cas des cuves, la taille des faces externes intervient avant ou après évidage. On sait que l’évidage est généralement effectué avant le transport puisqu’il permet d’alléger le chargement d’un tiers de son poids. La taille en chevrons inversés d’une des cuves pourrait indiquer que la taille externe est réalisée en premier. Les six faces étant travaillées, il a donc été nécessaire de tourner le bloc. Lorsque l’évidage est fait, on ne prête  vraisemblablement pas attention au fait que la taille en chevron de la face se retrouve à l’envers sur la cuve définitive. Cela renforce l’hypothèse de la pure fonctionnalité d’une taille immanquablement pratiquée en carrière. Selon ce schéma, le bloc est extrait, puis mis en forme au pic, les faces externes sont ensuite travaillées au marteau taillant, puis on évide la cuve au pic, on procède à la taille des faces internes et des rebords au marteau taillant et, enfin, on rectifie les angles à l’aide d’une petite broche. C’est ce scenario qui permet de proposer l’hypothèse de la présence de l’atelier en carrière. On relève une grande homogénéité dans le choix des outils. Les couvercles sont quasiment intégralement taillés au marteau taillant, seules les délimitations (emplacement acrotères, rebords, etc.) sont réalisées à la broche (ou poinçon). La taille est assez homogène puisque la plupart sont travaillés en taille layée oblique et certains, plus rares, en chevrons. Le fait qu’une des tombes vénérées soit taillée en oblique tend à indiquer que la taille en chevrons n’est pas réservée aux plus illustres personnages. Il n’y a donc aucun rapport entre la taille et la personne. Il s’agit donc de tailles plutôt fonctionnelles. Les décors restent rares et n’offrent en aucun cas un répertoire décoratif structuré, ainsi que l’on peut le trouver sur les pièces de mobiliers liturgiques tels que les plaques de chancels ou les tables d’autel. Sur plusieurs ensembles on rencontre ponctuellement des décors-symboles qui renvoient à la croix (en particulier dans les cas des dossiers ruraux majeurs de Saint-Estève à Ménerbes (84) et de Notre-Dame de Pareloup à Mazan (84). Vers les  V  e -  VI e  s., si les importations existent encore, il est probable que nous ayons des cuves décorées provenant d’ateliers locaux, en particulier dans la zone de Marseille. Pour Arles, dès le IV  e  s., on a des sarcophages en calcaire local, des cuves assez simples, avec un couvercle à 4 acrotères, parfois pourvu d’une inscription dans un cartouche à queues d’aronde. Aux  V  e -  VI e  s., les couvercles deviennent moins prononcés et portent parfois 6 acrotères et un bandeau plat au centre ; en revanche, il ne semble pas qu’il y ait encore des sarcophages décorés au  V  e  s., en tout cas pas d’srcine locale (fig. 3). À propos des pièces décorées, taillée dans du marbre, on peut retenir certains sarcophages d’enfants, pièces qui ont été probablement commandées lors du décès de l’enfant et décorées localement. Trois exemples peuvent être évoqués : le sarcophage dit “de Cassien” à Saint-Victor de Marseille, le sarcophage ayant été par la suite utilisé comme reliquaire pour les restes de Césaire à Arles, où encore le sarcophage conservé à l’église de Saint-Cannat (13). Le décor tend à disparaître au cours du  VI e  s., néanmoins, certaines pièces s’affirment comme
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